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mercredi 4 novembre 2015

www.dramatongue.com

Non non non je ne vous ai pas oubliés. Mais j'ai été trèèèèèèès occupée. Explication:

Il y a quelques semaines je parlais de l'énergie du renouveau, et bien pour ceux que ça intéresse voici concrètement ce qui en découle: j'ai lancé ma propre entreprise. Je suis maintenant professeur de FLE (Français Langue Etrangère) freelance. Yes, madam!

Moi qui avais toujours pensé n'avoir pas la moindre fibre auto-entrepreneuse, je découvre un tout autre monde que celui dans lequel j'évoluais jusqu'ici. Un monde qui fourmille de possibilités, un monde en pâte à modeler ou tout est imaginable et potentiellement réalisable. Un monde en feuille de papier qu'on peut plier et déplier à sa guise pour créér son univers.  Un monde Dramatongue.

Dramatongue?
Drama (théâtre) et Tongue (langue). L'apprentissage du français par le théâtre. 
Et pour les plus jeunes (de 0 à 5 ans, avec leurs parents), des ateliers liant chansons, comptines, histoires et jeux. Des moments où la langue se vit et se met en scène à travers le corps.

La meilleure façon d'apprendre une langue. Tout comme L'Or est le meilleur café du monde. Indiscutable.

L'idée me titillait déjà depuis longtemps (des mois, des années, une decennie?), et puis un jour j'en ai eu assez d'attendre je ne sais quoi d'ailleurs, et je me suis lancée. J'ai pris mon téléphone, ai visité et réservé des salles, acheté une photocopieuse, embauché Mr B comme assistant chef informatique (il insiste!). On il a réalisé des affiches/ créé un site web/ fait des fichiers Excel à tout va/ recadré les affiches/ débugé l'ordinateur/ imprimé les affiches en différents formats (oui, mes capacités informatiques sont assez limitées). Et Dramatongue était né.

Les ateliers ont commencé mi-octobre. Au nombre de trois: un cours pour adultes de français par le théâtre, et deux ateliers pour enfants. Le théâtre a tout de suite bien marché et les ateliers enfants démarrent lentement mais sûrement.

Un petit bilan:

J'aime:
-créer mes propres programmes et faire ce que je veux
-travailler pour moi (sans chef, sans réunion, sans réunion, sans réunion!)
-trouver sans cesse de nouvelles idées
-chercher des moyens de donner vie à ces nouvelles idées
-faire ce que j'aime vraiment (le théâtre, le FLE, l'écriture)
-partager mon enthousiasme et rencontrer des gens qui aiment notre langue au point de vouloir l'apprendre ou la perfectionner ici en Nouvelle Zélande.
-porter plusieurs casquettes (créatrice, prof, visionnaire, chanteuse, actrice, metteur en scène, chef du marketing)

J'aime moins:
-le côté marketing. Je n'avais pas du tout mais alors pas du tout ça dans la peau (en plus j'étais fonctionnaire!). Ceci dit, j'apprends beaucoup et je gagne en confiance. Je ne sors plus sans mes cartes de visites, mon rouleau de scotch et mes affichettes. Même pour aller au parc, surtout pour aller au parc. J'engage la conversation avec toute personne se trouvant dans mon champ de vision. Facile à faire au parc avec les enfants, cela reste dans mon domaine limité de capacités. Après quelques échanges, les gens demandent presque toujours si je travaille ou si je m'occupe essentiellement de mes enfants. Et là, v'lan, je leur agite ma carte sous le nez. Bon, pas immédiatement immédiatement, mais vous avez l'idée.

Voilà. Une autre chose que j'aime un peu moins c'est de devoir travailler tard le soir quand les filles sont couchées car c'est le seul moment où je peux le faire. Mais c'est évidemment le lot de beaucoup de parents. Bon, il est d'ailleurs tard donc je vais aller me coucher pendant que de l'autre côté de la terre en Europe les restaurants se remplissent pour le déjeuner.

Mais avant de partir, il me reste à vous demander d'aller voir par là. Si si si, vous n'allez pas vous en sortir comme ça:


Dramatongue vous remercie et vous souhaite une excellente journée/soirée/nuit. A bientôt!









lundi 7 septembre 2015

Pourquoi partir vivre à l'autre bout du monde?




Une petite escapade (sans les enfants!) au Musée Maritime qui  retrace notamment le parcours de ceux qui sont venus peupler la Nouvelle-Zélande: des premiers colons polynésiens entre 500 et 1300 après JC qui établirent la culture indigène Maori, aux explorateurs européens (Tasman 1642, Cook 1769, De Surville peu après), jusqu'à nos jours. 

Pourquoi quitter sa maison pour une terre presque inconnue à l'autre bout du monde?

Certains fuyaient une vie difficile, tandis que d'autres suivaient la promesse d'un avenir meilleur ou cherchaient l'aventure.
  


Dans notre cas, c'est certain, nous recherchions l'aventure! Nous n'avons tout de même pas sauté les pieds joints dans l'inconnu comme nous l'aurions peut-être fait à l'âge de vingt ans. Chéri (que je vais appeler Mr B dorénavant) avait un contrat avant de partir, ce qui veut dire visas de travail pour nous deux. Précieux (et coûteux!) sésames.

On avait toujours rêvé de partir vivre à l'étranger ensemble. Nous l'avions déjà fait chacun de notre côté avant de nous rencontrer (Grande-Bretagne et Emirats Arabes Unis pour moi, Maroc et Finlande pour Mr B), et on ne pouvait pas concevoir de passer le reste de notre vie au même endroit. J'étais d'ailleurs sur le point de demander une mutation dans les Dom Tom quand j'ai rencontré Mr B. Quelques années, une maison et deux enfants plus tard, c'était le moment. Un peu à contre-courant, quand tout le monde commence à (bien) s'installer dans la trentaine et à rembourser un prêt immobilier tous les mois, on a regardé la carte et on a fait la liste des pays où on voulait aller. Pour moi, c'était "n'importe où sauf... là où c'est dangereux, pollué, mysogine, trop religieux, trop froid, trop grand, trop étouffant, trop bétonné..." Au final, la liste des pays où je ne voulais pas aller était assez longue. Et il y a eu cette opportunité pour Mr B, un job soit en Australie ou en NZ. Deux pays qui étaient dans la bonne liste et où en plus on parlait anglais, ce que nous percevions comme une vraie opportunité pour nos filles (et pour nous aussi).

L'entretien s'est fait au téléphone, dans la langue des All Black. Mr B s'est bien débrouillé et a été invité à faire 30 heures d'avion pour venir voir 15 jours comment ça se passait sur le terrain au coeur de l'hiver néo-zélandais. Il est venu, ça lui a plu, il a signé son contrat et a repris l'avion dans l'autre sens. Notre deuxième fille est née 10 jours plus tard, et trois mois après on prenait place dans un A380.

Le visa de travail (valable entre 1 et 3 ans) est lié à un seul et unique emploi. Ironiquement pour Mr B, son visa stipule qu'il doit impérativement travailler au sein de sa compagnie actuelle, tandis que moi qui ai profité d'un "partnership" (sorte de rapprochement de conjoint pour conserver le langage de l'Education Nationale), je peux travailler où je veux. Mais si Mr B perd son emploi, son visa n'est plus valable et là les choses se corsent... C'est arrivé à la locataire qui nous précédait dans la maison, ayant perdu son travail, elle a eu quelques semaines pour retrouver un employeur qui sponsorise son visa, faute de quoi elle devait quitter le territoire. Elle est partie.

Les démarches pour obtenir un visa sont longues et n'ont rien à envier à la paperasse française. Nous avons mis du temps à réunir les documents, faire les passeports, passer les visites médicales avec un médecin agréé par Immigration NZ qui ne se trouve que dans trois villes de France (Bordeaux, Nice, Paris), avec radios des poumons pour les adultes, faire traduire des diplomes, obtenir des extraits de casier judiciaire etc...

Une fois tout cela envoyé et approuvé, on était prêt! Le travail de Mr B l'attendait, et l'aventure pouvait commencer. Au Musée Maritime, comme dans beaucoup d'endroits, on n'oublie pas de rappeler le rôle que joue l'immigration dans ce petit pays du Pacifique:

Les rivages de la Nouvelle-Zélande acceuillent toujours des immigrés. Notre nation continue à être façonnée par les diverses personnes qui viennent s'établir ici. Nous arrivons peut-être ici par des chemins différents mais nous partageons tous le même futur.
On se sent bien acceuilli, non?