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lundi 16 octobre 2017

Résidence et certification professionnelle: update

Le temps passe... Et il y a eu du nouveau pour nous!

Tout d'abord nous avons obtenu notre résidence fin Mai, youpi! Si nous ne quittons pas le territoire pour une période trop longue, nous serons résidents permanents en Mai 2019.

Et puis j'ai enfin reçu ma carte de professeure certifiée par le Teaching Council, re-youpi! Je peux maintenant postuler aux offres d'emploi. La route a été longue, et j'ai dû passer un test d'anglais (le IELTS académique, 400 dollars) en plus de mon épais dossier. Heureusement, je n'ai pas eu à faire un stage de formation (pour la modique somme de 4000 dollars) comme je le craignais. 

Notre ainée s'est bien adaptée au rythme scolaire. La vie de l'école est riche en rencontres, spectacles, événements sportifs, fêtes et autres activités qui permettent de bien s'y sentir. Nous sommes très heureux d'avoir choisi l'école du quartier, nous avons le sentiment d'être bien intégrés dans notre communauté, ce qui est très important surtout en tant qu'expatriés. Bon, il faut quand même préciser qu'à Auckland il y a une grande proportion d'expatriés des quatre coins du monde, et qu'on ne se sent pas spécialement "étranger" puisque beaucoup le sont aussi. Mais je pense qu'il est important pour les enfants de se sentir bien dans leur environnement, de connaitre leur quartier, les chemins, les routes autour de leur maison, d'avoir des répères spaciaux. Aller à l'école à pied ou à vélo, croiser les camarades de classe sur le chemin, connaitre les raccourcis, sentir l'air iodé en longeant la mer, savoir où habitent les autres enfants... Tous ces repères contribuent à la construction d'un sentiment d'appartenance et de sécurité, sentiment peut-être même encore plus important pour les parents qui sont, eux, les vrais "déracinés".

En parlant de racines, nous avons passé quelques semaines en France en Juillet/Août, premier retour en trois ans.
Nantes était en plein Voyage, et nous nous y sommes promenés avec un regard de visiteurs. Les installations poétiques, l'énergie estivale, les rues étroites... Nous avons passé de très bons moments en famille et entre amis, mais je ne me verrais pas y revivre. Pas pour l'instant du moins. L'espace que nous avons ici, l'omniprésence de la mer, les plages, la gentillesse des gens, la quasi-absence de fumeurs et la propreté des trottoirs  me manqueraient.

En France, nous avons été frappés par le manque de bienveillance à l'égard des enfants. Pas une journée sans qu'on entende plusieurs fois des gens menacer leurs enfants ("Si tu continues, je t'en colle une"/" Remets-ça, c'est moi qui commande"/"Tu vas te prendre une claque"). Et dans les restaurants, les magasins, les lieux touristiques, aucune marque de gentillesse à l'égard des petits. Ici, à peine entrés on nous apporte crayons, livres de coloriage, jouets et verres d'eau, histoire que l'on puisse s'installer tranquillement.

Ce qui nous a fait rire c'est qu'on nous demande partout de remettre les chaussures à nos enfants. Ah, s'ils savaient, ces français,  qu'il existe un pays où les enfants marchent souvent pieds-nus, dehors, au supermarché, à l'école... J'ai eu beaucoup de plaisir à revoir ces petits pieds en rentrant ici, même si c'était encore l'hiver. Je les ai vus traverser les rues, fouler les pelouses, courir sur le sable.

Tout un symbole, tout un symbole.

Human, Child, Girl, Blond, Barefoot, Mature, Swing


mercredi 7 septembre 2016

Retour dans le monde du travail 1

Et voilà, après quelques envois de CV à droite et à gauche, j'ai décroché un emploi! Youhou!

Inutile de s'affoler outre-mesure, il ne s'agit que d'un emploi d'enseignante à temps partiel de 15 heures par semaine. Je vais travailler tous les matins et avoir mes après-midis libres  avec mes enfants. 

Bon, ça demande un peu d'organisation évidemment. Une journée supplémentaire en crèche et extension des horaires pour la petite, une nounou à domicile deux matinées par semaine pour les deux, un arrangement avec une autre famille pour emmener l'ainée à la petite école française, une répartition optimale des tâches mâtinales (confection des boites déjeuner, préparation des sacs, habillage, transport des enfants), et l'achat d'un vélo-casque-lumières-veste jaune-antivol pour que je puisse aller au travail.

La question du salaire élucidée par mes soins après l'offre d'emploi, -une pudeur néo-zélandaise peut-être?-, je constate non sans peine que ce que je gagne couvrira à peine ce que je dépense en frais de garde. Et que si j'ai des horaires de professeure agrégée, le salaire lui est inférieur à un smic français...

Mais je DOIS travailler. Je le veux. Je n'en peux plus de rester à la maison.

Le jour de la signature du contrat arrive. Ma petite s'agite sur mes genoux dans le bureau du secrétariat et par-dessus sa tête je distingue les mots "Independent contractor", signifiant que je ne suis pas une employée de l'entreprise, mais une contractuelle. Je devrai déclarer mes impots moi même, et surtout je n'ai droit ni aux congés payés ni aux congés maladie.
De plus il s'agit d'un CDD qui peut prendre fin à tout moment si "le nombre d'étudiants inscrits baisse".

N'est-ce pas que ça donne envie, hein?  

Pourtant le travail a l'air intéressant, les élèves et les collègues sont agréables, et je vais enseigner l'anglais à des étrangers, ce qui est ce que je faisais en France. Il s'agit d'une petite structure où je vais aussi pouvoir faire un cours de théâtre. 

Bon, je me donne quelques mois pour trouver mes marques et... voir si je peux négocier un autre contrat?





lundi 2 mai 2016

Femme expatriée, femme au foyer?

On trouve de tout sur Facebook, et un de mes contacts a posté cet article du Point que je trouve assez intéressant:

Femme d'expat ou femme expat?

Et puis j'ai découvert ceci:

Moi fabuleuse expatriée

Je vous laisse lire tout cela tranquillement et je réponds moi-même aux trois questions:

1. Vous sentez-vous femme d’expatrié ou femme expatriée ?

 

Mmm... Déjà je me sens femme, ou plutôt mère, beaucoup plus que si j'étais restée en France. J'ai suivi mon mari ici (pas contre mon gré, je l'ai plutôt poussé à partir!) et j'ai mis ma fabuleuse carrière de professeure d'anglais au sein de l'Education Nationale entre parenthèses. 

Ici, c'est moi qui passe le plus de temps avec les enfants. Je suis devenue mère au foyer, ce que je n'aurais jamais imaginé faire. J'étais très très loin de cette vie là en France.

Ma vie se vit au rythme des enfants, certes, mais j'ai aussi mes activités, mes amis, et mon entreprise qui se développe.  Ceci me permet d'avoir une identité propre, sans me sentir définie par mon mari. Oui, c'est son travail qui nous a permis de nous installer ici, c'est son salaire qui nous fait vivre, mais mon rôle est tout aussi important que le sien. 

2. L’expatriation vous a-t-elle obligée à vous réinventer ?

 

Oui! Si je n'avais pas d'enfants, ou bien si le système de garde était aussi facile qu'en France, j'aurais sans doute effectué les démarches nécessaires pour devenir enseignante ici et je travaillerais probablement maintenant comme professeur de français dans un collège/lycée.

Mais on n'est pas en France. L'école commence à 5 ans et les crèches sont très chères et/ou ferment tôt. Avec deux enfants en bas âge,  mon salaire de professeure couvrirait juste la crèche et les transports, alors le calcul était vite fait. 

J'ai donc dû totalement me réinventer et créer une activité me permettant de travailler à mon rythme. 

L'expatriation m'a poussée à être créative et innovante, à sortir des sentiers battus et à me découvrir aussi.


3. L’expatriation a-t-elle changé votre vision de votre place au sein du foyer ?

 

Oui, puisque j'évolue dans une société différente. Ici, le temps passé avec les jeunes enfants est précieux, et lorsque je leur parle du système français,  les gens sont étonnés que l'on reprenne le travail si tôt et que l'école commence à 3 ans. 

Changer de pays et de culture m'a fait prendre conscience qu'il y avait d'autres possibilités de vie familiale, et que cela ne rimait pas toujours avec un retour en arrière pour la femme. On peut être maman au foyer ET avoir une activité professionnelle/culturelle enrichissante.










dimanche 1 mai 2016

Babysitting/ garde d'enfants en français!

Et bien voilà, www.dramatongue.com ouvre un nouveau service de babysitting/ garde d'enfants dans la langue de Molière (et de Catherine Deneuve, qui serait une des françaises les plus connues à l'étranger).

Un service que j'aurais moi-même aimé trouver en arrivant ici quand mes enfants ne parlaient pas anglais et que je cherchais quelqu'un pour les garder afin de me rendre à des entretiens professionnels.

 Mais surtout un service qui s'inscrit dans la continuité de mon entreprise de promotion du français.
A travers Bébé French, l'atelier des 0-5 ans, je rencontre beaucoup de parents qui aiment notre langue et souhaitent offrir à leurs enfants un bain (ou même juste une douchette) linguistique. J'ai commencé à assurer moi-même quelques heures hebdomadaires de garde d'enfants auprès d'une famille que je connaissais, mais mon temps libre étant limité, le temps est venu de recruter quelques personnes dynamiques et motivées pour me seconder.

Dramatongue est donc en pleine expansion! Quel plaisir d'enfiler une nouvelle casquette. Me voici à présent directrice en chef des ressources humaines.

N'oubliez pas de nous suivre sur Facebook  ici (J'aime j'aime j'aime!)





dimanche 24 avril 2016

La jaune canne à pêche

Ma fille I faisait une partie de pêche à la ligne avec A, un petit copain français vivant en Nouvelle Zélande depuis à peine un an et venant juste de commencer l'école. Assise sur la moquette de la chambre de  A, je m'émerveillais devant des jouets m'étant jusque là inconnus, toute habituée que j'étais aux chambres roses bonbon remplies de robes de princesses, de maisons de poupées, de dinettes et de baguettes magiques - mes principales amies n'ayant que des filles. 

Devant moi se trouvait une grue géante, affublée d'un mécanisme lui permettant de soulever et déplacer des cubes de constructions. A, très fier, avait interrompu sa partie de pêche pour me montrer comment activer l'engin, marchant au passage sur le circuit de train qu'il venait d'assembler sur toute la surface du sol. La démonstration terminée, il me mit ensuite dans les mains un énorme camion de pompiers avec une échelle atteignant presque le plafond et une lance que l'on pouvait dérouler et qui aurait pu éteindre un incendie naissant de l'autre côté de la rue s'il l'avait fallu. Si si.

Mes yeux brillants l'encouragèrent à me montrer comment actionner la sirène qui était accompagnée d'un girophare bicolore. Je me demandais pourquoi personne ne nous avait offert de tels jouets auparavant. Pourquoi l'idée d'un tel cadeau à ma fille ne m'avait jamais effleuré l'esprit, et pourquoi on avait cinq baigneurs (oui, cinq) et pas une seule grue à la maison. A avait-il un baigneur d'ailleurs? Je regardais un instant autour de moi et ne vis aucune forme ne s'apparentant à une poupée. Il y avait des petites voitures, des jeux de cartes, beaucoup de personnages type super-héros, un pistolet à eau... Le contraste était saisissant. Je restais un instant assise là, à me poser quelques questions sur comment moi, féministe, moi bien consciente du sexisme des rayons jouets "pour filles" et "pour garçons" des supermarchés, moi qui pensais faire attention à promouvoir tous les types de jouets, j'en étais arrivée à ne pas avoir de grue, de train ou de camion de pompier chez moi. Comment ma fille avait cinq baigneurs à disposition, une énorme maison de poupée, une collection de paillettes, mais pas un seul super-héros ou super-héroine?

A avait repris sa place près des poissons aimantés et je l'entendis soudain me demander de lui passer la canne à pêche qui se trouvait à mes côtés. La jaune canne à pêche, me précisa t-il. 

Je sortis illico de ma rêverie, et les -nombreuses- voix des gens m'ayant dit d'être vigilante me revinrent à l'esprit:
"Attention, attention, ça commence de façon anodine, et puis en peu de temps ils se mettent à ne parler qu'en anglais, et puis ils refusent de parler français, et puis il se savent même plus le parler"...
"Attention, ne leur parlez jamais en anglais, ne faites pas la même erreur que moi"...
"Chez nous, mon mari a décrété l'interdiction de parler anglais. Si les enfants parlent anglais, on ne leur répond pas"...
"S'ils commencent à perdre leur français, ils n'auront plus confiance, et au bout de quelque temps ils ne pourront même plus communiquer avec leurs grands-parents français"...
"La canne à pêche jaune, A, la canne à pêche jaune", je répétai, tout en lui passant l'objet. J'allais devoir redoubler de vigilance. Si à peine quelques semaines d'école en anglais avaient cet effet sur A, qu'en serait-il dans 5 ans?

Et soudain je me souvins que I avait quelques petites voitures, des ballons de foot, et une perceuse, offerte par son cousin comme cadeau de départ lorsque nous avions quitté la France. Ah, voilà qui rétablissait un peu l'équilibre et me redonnait espoir. Une perceuse aux embouts interchangeables. Une perceuse rouge.




mardi 25 août 2015

Heureux comme un enfant en Nouvelle Zélande



Au printemps (européen) 2014, lorsque nous commencions sérieusement à envisager notre installation en Nouvelle Zélande, j'entendis à plusieurs reprises que ce pays était idéal pour éléver des enfants, et que les kiwis adoraient les bambins.

A notre arrivée, je fus surprise par le nombre de parcs de jeux pour les petits. Tous les quartiers, presque toutes les rues, possèdent une aire de jeux avec au minimum des balançoires et un toboggan, mais souvent également un bac à sable, des équipements à escalader, quelquefois une tyrolienne, ou même un trampoline, un xylophone géant (yes!) ou bien une piste pour faire du vélo. Les parcs sont quasi tous équipés de toilettes gratuites et d'un endroit pour changer les bébés. Aux abords de plages on trouve des douches et des vestiaires pour se changer, ce qui peut être très pratique avec des enfants.

Les supermarchés et centres commerciaux proposent des chariots équipés de sièges pour transporter deux enfants en même temps, ainsi que des voiturettes en plastiques (équipés d'écrans dans notre supermarché local!) afin que les parents puissent faire leurs courses tranquilles. Et en passant devant l'université d'Auckland, j'ai vu qu'un espace était dédié aux étudiants avec enfants:



Les musées sont aussi pensés pour être visités avec des enfants. Quant aux restaurants et cafés, ils sont tous équipés de chaises hautes et de jouets pour que tout le monde puisse passer un bon moment:



L'école ne commençant qu'à l'âge de 5 ans, il faut bien occuper les petits. Et là le choix est immense pour les parents de toddlers (enfants entre 1 et 3 ans) et de preschoolers (entre 3 et 5 ans). Le parent qui élève ses enfants peut vite se retrouver avec un emploi du temps de ministre si il le souhaite. Les semaines sont rythmées par les activités gratuites organisées par les communautés, les séances de chant et comptines à la bibliothèque, les "playgroups" organisés par des associations de parents, et les tas d'activités payantes (danse, chant, sports, art etc...) qui existent.

On découvre de nombreuses activités dites familiales. Par exemple, des concerts philarmoniques dédiés aux familles: vous imaginez le bonheur des parents qui peuvent sortir faire des activités de "grands" sans avoir à payer de babysitter? Pour y être allée trois fois déjà je recommande chaudement! Il existe également des groupes de gymnastique ou yoga avec bébé, et même des séances de cinéma avec bébé où une lumière tamisée permet d'allaiter ou nourrir son enfant tout en regardant un film tous publics dont le niveau sonore est soigneusement controlé:

Mums & Bubs

Baby, you deserve a break!

Get the prams out because going to the movies is easier than ever! Hoyts is proud to bring you Mums and Bubs sessions. Screening at 11am every Wednesday!

And it's not just mums who are invited - any adult care-giver is welcome. The program provides a unique child-friendly cinema environment. Films are specially selected (G/PG/M), cinema lights are kept dimmed for feeding, sound levels are closely monitored. And if baby starts crying during the movie – it’s ok!

Je n'ai pas encore eu l'occasion d'essayer, mais ça viendra peut-être.

Elever ses enfants ici (voir plus bas l'article intitulé "Qui va garder les enfants?") est donc bien loin du cliché de femme au foyer (il s'agit très souvent des mères) confinée au périmètre de sa maison et son jardin. L'emploi du temps des petits (et des mamans) est bien chargé.

Pour ma part, sur les 3 journées où je suis avec mes filles, j'en garde une où on ne fait "rien de programmé". Pas d'horaire à respecter, on fait selon l'humeur ou le temps. S'il fait beau, on se retrouve généralement sur une plage ou dans un parc des alentours. Et on voit les copines, bien sûr!



On sent que les gens aiment les enfants ici. Au-delà des infrastructures et des activités présentes, les enfants recoivent beaucoup d'attention, de sourires, et de "high five" (ce geste amical qui consiste à taper la paume de la main levée de quelqu'un).  A plusieurs reprises on a voulu m'aider à calmer une petite crise de Miss I en lui offrant  une sucette, ou même un paquet de bonbons (dans une station service).  L'effet de suprise a eu raison de ses pleurs. Et la gentille offre a eu raison de ma réticence à user d'une telle arme dans la gestion de crise. Oh well...

lundi 17 août 2015

Do you speak English?

 On nous demande souvent si notre ainée commence à parler anglais. Quand elle est est arrivée ici, elle avait deux ans 1/2 et ne parlait que français. Elle avait été un peu exposée à l'anglais dans sa crèche française et à la maison quand elle était bébé (comme j'avais envie de lui transmettre cette langue, je lui parlais, lisais des livres et lui chantais des chansons en anglais. Mais quand elle a commencé à parler en français j'ai un peu abandonné). 

A notre arrivée on a multiplié les activités locales pour lui permettre d'entendre de l'anglais avant d'avoir une place en crèche. Et dès qu'elle est allée à la crèche, on nous a assuré que ça ne prendrait pas longtemps, quelques mois, avant qu'elle se mette à parler. Ils avaient d'autres enfants qui étaient arrivés sans comprendre ni parler anglais, et ce n'était qu'une question de temps. Surtout à cet âge.

I, si bavarde dans sa langue maternelle, a vite compris que parler en français ne fonctionnait pas. Elle a pourtant essayé, mais personne ne la comprenait. Elle est devenue beaucoup moins volubile, du moins à la crèche.
Au début on "répétait" un peu à la maison. Par exemple, je lui disais: "Si tu veux demander de l'eau,  tu peux dire "water, please", si quelqu'un t'embête, tu peux lui dire "stop" etc... Elle aimait bien essayer avec moi. Elle est passée par un stade où tout objet était "that one", et montrait ce qu'elle voulait en disant "that one (please)!". Les enseignantes nous assuraient qu'elle comprenait quasiment tout ce qu'elles disaient. Les petites routines et les répétitions aident évidemment. Et la structure que nous avons choisie n'accueille qu'une vingtaine d'enfants, entre 0 et 5 ans, ce qui est parfait pour se sentir à l'aise dans son environnement. Ce qui m'a aussi plu c'est que l'ambiance est familiale et que les frères et soeurs se voient et passent du temps ensemble. Il y a une pièce séparée pour les moins de 2 ans, mais dès qu'ils marchent ils aiment beaucoup aller voir ce que font les plus grands. Et les plus grands aident les petits et les prennent sous leurs ailes. I a d'ailleurs préféré jouer avec des plus petits qu'elle d'abord, des enfants au stade pré-verbal.

Quelques semaines plus tard, de l'anglais est apparu dans son vocabulaire. Elle me demandait ce que voulait dire tel ou tel mot (quelquefois un peu diffcile à reconnaitre!). Il y avait des mots d'enfants (wee wees) et des mots ou parties d'expressions courantes.
Et puis elle a commencé à parler à sa soeur en anglais de temps en temps. Par exemple: "Look, A!", "This (is) for you", "No, A, not like this". 

Au parc elle s'est mise à repousser les autres enfants qui venaient dans le bac à sable à grands coups de "Go away! No, you no play here! Go away!". Partager les jeux n'est pas encore son fort. Hum... Je préférais quand elle disait tout cela en français et que personne ne comprenait!

Puis elle a fait des "vraies" phrases avec un sujet et un verbe. Et maintenant après huit mois de crèche (elle y passe deux journées par semaine) on peut dire qu'elle comprend tout et se fait très bien comprendre. Elle m'appelle "mummy" de temps à autre, et apporte un peu d'anglais à la maison.

Depuis deux mois, elle passe le lundi matin à "la petite école", une sorte de classe maternelle encadrée par des enseignantes françaises. J'ai pensé que ça lui ferait du bien aussi de pouvoir jouer et faire des activités en français, même si nous parlons cette langue à la maison.

Le fait est, on n'a pas la même personnalité dans les deux langues je trouve, et je souhaite lui donner la chance d'explorer qui elle est en français. Son vocabulaire est beaucoup plus développé dans sa langue maternelle, bien sûr, et elle se sent totalement à l'aise. Une situation différente de la crèche, et je ne regrette pas ce choix. On a 20-25 minutes de route pour rejoindre la petite école, mais I adore y aller. Les enseignantes sont extras. Elles expliquent bien ce qu'elles font (la classe suit les thèmes des maternelles françaises, les enfants ont travaillé autour du cirque et puis maintenant explorent les cinq sens), et on sent beaucoup de chaleur humaine dans ce petit groupe d'une quinzaine d'enfants entre 3 et 5 ans. La plupart ont des parents francophones mais pas tous. Cette classe unique ne se réunit que une ou deux fois par semaine, pour notre part I n'y va que le lundi. Elle opère dans plusieurs quartiers d'Auckland et on peut se renseigner auprès de FRENZ, l'association de parents bénévoles qui gère ce groupe. 

Et ensuite à 5 ans, les enfants peuvent être scolarisés dans l'école primaire bilingue qui suit le programme néo-zélandais avec 3 journées en français et deux en anglais. Pour l'instant à Auckland il n'existe pas de structure offrant un enseignement en français après l'école primaire.

Parce que évidemment dans quelques années on ne nous demandera plus si nos filles parlent anglais, mais si elle parlent toujours français...






mercredi 22 juillet 2015

Je suis superwoman





Depuis dix jours nous sommes en visite à Sydney. Enfin, en visite pour moi et les filles car chéri doit travailler lui. Je ne savais pas trop comment j'allais réussir à me balader avec mes deux accompagnatrices, mais finalement je me débrouille très bien.

En dix jours j'ai fait la plupart des attractions/ musées et lieux de la ville. J'ai arpenté les rues à pied/ en bus/ en train et même fait du ferry avec un sac à dos de 18 kg (15kg d'enfant + 3 de sac environ) tout en poussant une poussette. Et je suis très très fière de m'être si bien débrouillée. D'avoir pu gérer les crises de I en plein centre commercial ou à 300m d'altitude lors de la visite de la tour de Sydney. D'avoir visité le musée d'art moderne sans me cantonner aux activités réservées aux enfants. Et même d'avoir pu faire un brin de shopping. Yes!

Mon secret: à chaque problème, je me dis "heureusement que je suis superwoman, sinon...". Et je reste cool. Zen. Maman parfaite. En toutes circonstances.

Il faut dire que Sydney est plutôt childfriendly. On trouve des toilettes gratuites à tous les coins de rue et dans tous les lieux publics. Toilettes avec salle pour parents-bébés où on peut non seulement changer bébé mais aussi l'allaiter, lui faire réchauffer ses petits plats, et même amuser les frères et soeurs plus âgées.

Les musées sont très bien équipés en jeux et activités pour enfants, et on peut pousser sa poussette partout. 

Ces dix jours ont été faciles et agréables. J'espère maintenant que Superwoman continuera sa carrière lors du retour à Auckland. Tout ce que je vais pouvoir visiter! Je me sens pousser des ailes. Euh, une cape.







lundi 22 juin 2015

Let's have a coffee

Ayant vécu 10 ans en Grande-Bretagne, je me suis fait une joie de pouvoir renouer avec certaines habitudes alimentaires à mon arrivée ici comme par exemple manger du pain de mie au petit-déjeuner et des crackers avec le fromage, renouer avec la nourriture indienne et asiatique, ou mettre du lait dans mon thé,

Mais lors de ma première semaine à Auckland, j'ai constaté avec surprise que c'était le café qui régnait en maître, et le Flat White en particulier. Un expresso avec du lait et de la mousse de lait au dessus, agrémenté d'une petite décoration (coeur ou fougère NZ) dessinée dans la mousse. 

Ce que j'aime bien avec le thé, c'est qu'on s'assoit et prend le temps de le déguster, faisant ainsi une vraie pause. Ce rituel a un effet apaisant, et le lait, épaississant et adoucissant le thé, renforce cette sensation de "cocooning".

Au premier abord, le flat white produit un effet similaire. Joli à regarder, il appelle également à un retour vers l'enfance lorsqu'on se délecte de la mousse à la petite cuillère.



C'est cependant oublier qu'il s'agit de café dont le but premier est de donner un coup de boost à celui qui le prend. Jamais très chaud, il se boit rapidement, et en deux temps trois mouvements, on ne se retrouve qu'avec un peu de mousse au fond de la tasse. Pour faire durer le plaisir (et la conversation, si on est attablé avec des amis), il est possible de l'associer à une part de gâteau. Sur ce point, je commence à connaître d'excellentes adresses dignes des patisseries françaises.
Mais la plupart du temps on voit les gens marcher dans la rue un café à la main, et le boire debout en discutant ou en surveillant les enfants d'un coin de l'oeil. Au début je trouvais bizarre de ne pas s'assoir, et puis je me suis mise à suivre cette mode, très pratique pour avoir la sensation de faire une mini-pause lorsque je suis avec les enfants. Boire un café d'une main et poussant sa fille à la balançoire de l'autre donne une certaine impression de profiter au maximum de son temps.

De nombreux cafés ferment boutique à 15 heures, le café semblant réservé à la matinée ou au déjeuner. D'ailleurs lors de la collation de midi (on ne peut guère parler de repas), il est d'usage d'accompagner son sandwich ou sa salade d'un café, qui est servi en même temps. Personnellement je n'arrive pas encore à m'y faire. Mais ça viendra sûrement un jour.

jeudi 18 juin 2015

Mais qui va s'occuper des enfants?

Je suis une femme moderne qui se qualifie volontiers de "féministe" dès qu'une inégalité ou une pointe de sexisme apparait à l'horizon. A la fin de mon premier congé maternité, je suis remontée sur mon vélo et ai repris avec plaisir le chemin du travail (au passage, un très joli chemin de terre le long de l'Erdre).
Je ne me suis pas posé de question. Je voulais et devais travailler. Très peu de femmes autour de moi avaient pris un congé parental, et de plus j'appréciais énormément ma carrière qui m'offrait de nouvelles opportunités à chaque rentrée. Traduisez-cela par: TZR (professeur titulaire remplaçante) dans l'Education Nationale, qui a toujours eu la chance de faire des remplacements qui lui plaisent.

I avait 4 mois quand elle est allée à la crèche quatre jours par semaine (j'avais mon mercredi). Les premiers jours ont été difficiles, plus pour moi que pour elle sans doute, mais je bénéficiais d'un énorme avantage: comme je commençais le travail tôt, c'est le papa de I qui l'emmenait à la crèche et m'évitait ainsi la difficulté de la séparation. Et j'avais la joie d'aller la chercher en fin d'après-midi. Les responsabilités semblaient ainsi partagées équitablement entre papa et maman.

Le mercredi soir j'étais souvent épuisée et heureuse de retourner au travail le lendemain. Il m'était essentiel de voir du monde, de préparer des cours et de faire travailler mon cerveau.

2 ans et demi plus tard, la fin de mon second congé maternité coincide avec notre arrivée à Auckland. Mon conjoint a un travail qu'il commence deux jours après avoir posé le pied sur le sol néo-zélandais, et je me retrouve dans un appart-hôtel avec deux jeunes enfants. Les journées me semblent longues. Mon envie de découvrir la ville se heurte aux pleurs et besoins de mes enfants. Entre les tétées, les siestes, les sorties avec une en écharpe et la deuxième qui se débat et hurle dans la poussette ou que je peine à rattrapper lorsqu'elle se met à courir dans la rue, je perds souvent mon calme. Le décalage horaire perturbe leur sommeil et elles ne dorment plus la nuit. La transition entre deux maisons, deux pays, deux langues, est dure pour l'ainée qui crie beaucoup.

Je me mets en quête d'une crèche dès que nous avons trouvé une maison de location. Après quelques mails j'en trouve une qui a de la place pour mes deux filles. Lorsque je visite, je suis conquise par l'ambiance relax: les enfants marchent pieds nus, font les activités qui leur plaisent, se déguisent, jouent dehors ou dedans à leur guise. Et il y a un jardin avec un petit trampoline! C'est une petite structure (25 enfants maximum) avec une salle dédiée aux moins de 2 ans mais qui permet aux frères et soeurs de se voir et jouer ensemble pendant la journée. Personne ne parle français mais on m'assure que I parlera anglais dans quelques mois.  On décide de commencer par trois jours par semaine, et quand je trouverai un travail on pourra mettre les filles 4 ou 5 jours. La journée se termine à 17h30 et c'est le plus long que j'ai trouvé (en France notre crèche fermait à 19h).

Le seul point négatif est le prix: 55 dollars NZ par jour pour I, 72 pour A.
Mais bon, I a besoin d'apprendre l'anglais et d'être avec d'autres enfants. Et puis je vais bientôt travailler.

Je commence en effet, deux mois après notre arrivée, à donner des cours de français. Mais je ne trouve que quelques heures, et ce que je gagne ne paye même pas la crèche. De plus, je travaille souvent le soir, et me retrouve un peu seule en journée. Ayant besoin d'utiliser mon temps de façon productive, je m'occupe des tâches ménagères, des courses, ne profitant pas vraiment de ma liberté retrouvée. Je me sens un peu coupable de mettre mes filles à la crèche alors que je ne travaille pas beaucoup.

Les deux journées où je m'occupe d'elles, je découvre tout l'arsenal dont disposent les mamans kiwis: entre les groupes de jeux, les activités gratuites, les rencontres au parc, les cours de danse/ dessin/ musique/ rugby, les communautés regorgent d'activités permettant aux mamans (ce sont souvent les mamans) d'occuper leurs enfants et de rencontrer du monde. Car l'école ici ne commence qu'à l'âge de 5 ans (le jour des 5 ans, même!), et il faut donc bien s'occuper et socialiser les enfants avant.

Je rencontre des mamans et me fais des amies, ce qui rend la vie beaucoup plus agréable. On se retrouve au parc, aux groupes de jeux, à la musique, et on s'invite même les unes chez les autres après quelques semaines.

De trois jours de crèche, je passe à deux jours. Une amie espagnole me dit qu'elle aussi a commencé par trois jours en pensant augmenter lorsqu'elle trouverait un travail, et puis a au contraire réduit les jours de crèche en constatant que ce qu'elle gagnerait en couvrirait seulement les frais.

J'ai calculé qu'enseigner à plein temps ne me rapporterait qu'un salaire assez maigre, une fois les frais de garde déduits. C'est donc avec plaisir que j'ouvre les bras à ce que j'aurais autrefois qualifié de "retour en arrière" et d'"antiféminisme". Jamais je n'aurais pensé qu'un jour je cesserais (presque, je donne entre 5 et 8 h de cours par semaine) de travailler pour m'occuper de mes enfants.

Je suis dans un autre pays, j'embrasse une autre culture. Temporairement. Je suis en ce moment plus proche du statut de "mère au foyer" que je ne l'ai jamais été. Et je me dis que  j'ai de la chance de pouvoir passer du temps avec mes enfants, même si les journées avec deux petites de 10 mois et 3 ans ne sont pas toujours faciles. Mais j'apprends à apprécier ces moments. A oublier toutes les idées préconçues que j'avais sur le sujet et à profiter du temps présent.

Sur les deux jours où elles vont à la crèche, je travaille quelques heures mais surtout j'ai un peu de temps pour participer à un atelier d'écriture et écrire, une activité qui m'a toujours intéressée mais que j'ai délaissée faute de temps. Je peux aussi peindre, me promener, visiter, lire...

Et c'est peut-être pour cela finalement que je suis zen: j'ai trouvé un certain équilibre de vie.







dimanche 14 juin 2015

Mais que mangent les bébés?






Après avoir entendu mes nouvelles amies dire que Plunket (équivalent de la PMI) proposait des visites médicales gratuites, je pris RDV pour les filles.

Par une belle après-midi d'hiver (20 degrés dans la journée), je fis la connaissance de Carole, une infirmière travaillant dans un grand local désert situé dans un parc public avec des jeux pour les enfants. Après un accueil très chaleureux, elle pesa et mesura les petites miss, ce qui mit également un terme à l'aspect purement "médical" de la visite.

On parla ensuite des problèmes de sommeil de la petite (A) et de comment réagir face à l'affirmation du tempérament de la plus grande (I). Les filles reçurent des brosses à dents et moi un numéro de téléphone pour effectuer une visite dentaire gratuite pour I.

I ne souhaitant pas jouer avec les cubes dans la salle mais demandant sans cesse à aller faire du toboggan dehors, illustrant au passage la force de son caractère devant l'infirmière, la visite dû être quelque peu écourtée. Mais je reçus quand même une très jolie fiche pour m'aider à diversifier l'alimentation de A, qui n'avait jusque là eu droit qu'à des purées de légumes avec plus ou moins de morceaux, des compotes, et un peu de viande et de poisson.
Je fus donc très heureuse d'apprendre que je pouvais maintenant lui donner toute une variété d'aliments, de la pizza aux hamburgers en passant par les sushis. Fantastic!

De retour à la maison, je m'empressai de partager cette bonne nouvelle avec mes contacts sur facebook, et savourai leurs commentaires face à la différence de culture alimentaire entre les deux pays. De "On dirait un régime hypercalorique" à "en France le titre serait: liste des aliments à éviter", mes amis sûrent me faire résister à la tentation de faire goûter un croque-monsieur à A. Pour le moment du moins.