Auckland

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lundi 16 octobre 2017

Résidence et certification professionnelle: update

Le temps passe... Et il y a eu du nouveau pour nous!

Tout d'abord nous avons obtenu notre résidence fin Mai, youpi! Si nous ne quittons pas le territoire pour une période trop longue, nous serons résidents permanents en Mai 2019.

Et puis j'ai enfin reçu ma carte de professeure certifiée par le Teaching Council, re-youpi! Je peux maintenant postuler aux offres d'emploi. La route a été longue, et j'ai dû passer un test d'anglais (le IELTS académique, 400 dollars) en plus de mon épais dossier. Heureusement, je n'ai pas eu à faire un stage de formation (pour la modique somme de 4000 dollars) comme je le craignais. 

Notre ainée s'est bien adaptée au rythme scolaire. La vie de l'école est riche en rencontres, spectacles, événements sportifs, fêtes et autres activités qui permettent de bien s'y sentir. Nous sommes très heureux d'avoir choisi l'école du quartier, nous avons le sentiment d'être bien intégrés dans notre communauté, ce qui est très important surtout en tant qu'expatriés. Bon, il faut quand même préciser qu'à Auckland il y a une grande proportion d'expatriés des quatre coins du monde, et qu'on ne se sent pas spécialement "étranger" puisque beaucoup le sont aussi. Mais je pense qu'il est important pour les enfants de se sentir bien dans leur environnement, de connaitre leur quartier, les chemins, les routes autour de leur maison, d'avoir des répères spaciaux. Aller à l'école à pied ou à vélo, croiser les camarades de classe sur le chemin, connaitre les raccourcis, sentir l'air iodé en longeant la mer, savoir où habitent les autres enfants... Tous ces repères contribuent à la construction d'un sentiment d'appartenance et de sécurité, sentiment peut-être même encore plus important pour les parents qui sont, eux, les vrais "déracinés".

En parlant de racines, nous avons passé quelques semaines en France en Juillet/Août, premier retour en trois ans.
Nantes était en plein Voyage, et nous nous y sommes promenés avec un regard de visiteurs. Les installations poétiques, l'énergie estivale, les rues étroites... Nous avons passé de très bons moments en famille et entre amis, mais je ne me verrais pas y revivre. Pas pour l'instant du moins. L'espace que nous avons ici, l'omniprésence de la mer, les plages, la gentillesse des gens, la quasi-absence de fumeurs et la propreté des trottoirs  me manqueraient.

En France, nous avons été frappés par le manque de bienveillance à l'égard des enfants. Pas une journée sans qu'on entende plusieurs fois des gens menacer leurs enfants ("Si tu continues, je t'en colle une"/" Remets-ça, c'est moi qui commande"/"Tu vas te prendre une claque"). Et dans les restaurants, les magasins, les lieux touristiques, aucune marque de gentillesse à l'égard des petits. Ici, à peine entrés on nous apporte crayons, livres de coloriage, jouets et verres d'eau, histoire que l'on puisse s'installer tranquillement.

Ce qui nous a fait rire c'est qu'on nous demande partout de remettre les chaussures à nos enfants. Ah, s'ils savaient, ces français,  qu'il existe un pays où les enfants marchent souvent pieds-nus, dehors, au supermarché, à l'école... J'ai eu beaucoup de plaisir à revoir ces petits pieds en rentrant ici, même si c'était encore l'hiver. Je les ai vus traverser les rues, fouler les pelouses, courir sur le sable.

Tout un symbole, tout un symbole.

Human, Child, Girl, Blond, Barefoot, Mature, Swing


lundi 1 mai 2017

Entrée à l'école


Une des "entrées" de l'école

Notre ainée vient juste d'avoir 5 ans, un âge très important en Nouvelle Zélande car il correspond à l'entrée à l'école primaire. Point d'école maternelle ici, seulement le jardin d'enfant facultatif et généralement à mi-temps (voir les posts précédents pour plus d'informations). L'entrée à l'école est donc un moment crucial pour les enfants et leurs parents, et s'effectue dès le jour de l'anniversaire ou juste après. 

Autour de moi, les avis divergent, certains estimant que 5 ans c'est bien trop tôt pour aller à l'école, et que l'on ferait mieux d'attendre 6 voire 7 ans comme dans certains autres pays (scandinaves entre autres). L'adaptation est quelquefois difficile, surtout pour les parents (et ils sont nombreux) qui ont été très impliqués dans l'éducation de leurs enfants avant 5 ans.

Moi, étant française, je suis très contente que ma fille aille ENFIN à l'école! De plus qu'ici, où l'école est avant tout un lieu dédié à l'épanouissement de l'enfant, on échappe à la rigidité du sytème français.

La devise de l'école de notre fille est la suivante:

To provide a secure, caring environment where the unique potential of each student is fostered so that they will develop into confident, open-minded thinkers with a positive attitude to life long learning.

Fournir un environment sûr et attentionné où chacun est encouragé à développer de façon unique son potentiel vers l'ouverture d'esprit et la confiance en soi, ainsi qu'une attitude positive envers l'apprentissage tout au long de la vie.

Nous avons eu le choix entre trois écoles avoisinantes situées toutes à une quinzaine de minutes de marche dans des directions opposées. Et bien sûr nous aurions également pû mettre notre fille à l'une des écoles bilingues français-anglais, mais la plus proche étant située à 25 minutes de route (voire plus avec les embouteillages), nous avons choisi une école de 300 élèves dans un très bel environment à proximité de chez nous.

Les élèves sont accueillis dès 8:30 dans la salle de classe, et la cloche sonne à 8:55. On peut donc arriver tranquillement quand on le souhaite entre 8:30 et 8:55, s'installer, jouer, sans que les parents aient besoin de rester. A son arrivée, l'enfant dépose sa bouteille d'eau personnelle, son sac et son sac de lecture dans les espaces dédiés.  Dans le sac de lecture il y a un livre prêté tous les jours par l'école et que l'on doit lire avec notre enfant le soir. On trouve également un petit carnet pour écrire le bilan de la lecture et assurer ainsi la communication entre l'enseignant et la famille.

Il y a une courte pause à 10 heures pour manger un fruit/légume apporté par l'enfant, une vraie récréation de 11:00 à 11:30 où on prend son goûter, et une pause-déjeuner de 13 heures à 13:45 où l'on mange le contenu de sa boîte-déjeuner apportée également. Non, pas de cantine ici malheureusement. Mais à part ça, tout le reste est parfait! Autour des salles de classes, beaucoup d'espaces verts, de jeux, de pelouse, un jardin de légumes, une piscine extérieure que les enfants utilisent aux trimestres 1 et 4 (de Fevrier à Avril, et d'Octobre à Décembre). Les plus jeunes ont un espace de jeux extérieur qui leur est réservé, juste devant leur salle de classe, mais ils peuvent également explorer le reste de l'école comme bon leur semble. 

L'espace des plus jeunes


Une vue dégagée


La journée se termine à 15 heures, et les enfants ont classe tous les jours, du lundi au vendredi. Il y a des activités périscolaires payantes de 15 heures à 18 heures si l'on ne peut pas venir chercher notre enfant à 15 heures.

On doit acheter les fournitures, ce qui nous est revenu à une soixante de dollars pour l'année. L'école est gratuite mais demande aux parents une "voluntary donation" (un don volontaire) d'une centaine de dollars environ. Pas d'uniforme dans notre école même si celui-ci existe dans certains établissements.

Comme toutes les écoles, les parents (et grands-parents aussi!) sont accueillis à bras ouverts et peuvent rester aider quand ils le souhaitent. Lors de la deuxième journée de ma fille, je suis restée participer à une activité de jeux mathématiques et ai eu une petite équipe de quatre enfants à mener d'activité en activité dans le grand hall. Les enfants sont encouragés à travailler en équipe et à prendre des initiatives. Qu'elle n'a d'ailleurs pas été ma surprise lorsque je me suis rendue au secrétariat pendant la récréation ce matin et ai été accueillie chaleureusement par deux élèves de l'équivalent du CM2 qui repondaient au téléphone et recevaient les visiteurs avec grand professionnalisme, pendant la pause de la secrétaire!

Ah, et j'oubliais: il n'y a pas de grille. Pas de portail pour entrer dans l'enceinte de l'école. C'est comme un mini-campus en quelque sorte. La liberté dès 5 ans!

mercredi 15 février 2017

Demande de résidence = grosse prise de tête




On dit souvent que la France est championne de paperasse administrative, non? Eh bien la Nouvelle Zélande n'a rien à envier à notre cher pays, croyez-moi.

Nous sommes venus ici avec un visa de travail de 3 ans qui va expirer en Novembre 2017. Nous avons décidé de demander un visa de résidents, et on s'y est pris tôt, puisque en Mai 2016 nous avons commencé à monter notre dossier. On pensait qu'en quelques mois ça serait réglé. Que nenni!

Voilà déjà quatre fois que l'on nous redemande des documents: documents pour prouver que nous sommes vraiment un couple, documents pour prouver que l'on travaille ici, documents pour montrer où nous avons habité ces deux dernières années, où nos enfants sont allés à la crèche, chez le docteur, les factures qu'on a payées, qui a été notre fournisseur internet, notre asssurance maison, notre assurance voiture, les notes qu'on a obtenues et les cours qu'on a suivis il y a 20 ans à la fac, les papiers de notre maison en France, notre certificat de PACS (qu'on leur a déjà envoyé plusieurs fois pour les premiers dossiers de visa de travail mais ils ne gardent rien ou ne veulent pas aller le chercher dans un autre dossier), relevés de compte etc... et j'en passe.

J'allais copier-coller la liste de tout ce qu'on nous a demandé et la mettre ici mais c'est beaucoup trop long. Bien sûr il faut tout faire certifier conforme, et aussi faire traduire par un traducteur assermenté, et payer encore et encore.  Sans compter le ton parfois fort peu courtois des échanges par mail.

Arghhh!!!!

Et mon dossier de reconnaissance de diplômes pour enseigner ici, me demanderez-vous? Où en est-il? Ah ah... J'en ai envoyé une partie et on m'a également demandé d'autres documents (originaux de mes diplomes, relevés de notes, matières étudiées) que je n'ai pas encore réussi à réunir, une partie se trouvant en Angleterre et l'autre en France.

Donc tout est en cours...  






dimanche 18 décembre 2016

Le fabuleux monde du travail

Ma situation de travailleuse précaire a été poussée à bout lorsque j'ai été mise au "chômage technique" (sans indemnité) deux semaines avant la date supposée. Après trois mois de bons et loyaux services, on m'a quand même dit clairement qu'on avait très envie de me revoir en Janvier et on m'a proposé un contrat avec un peu plus de garanties (un peu plus seulement, car je devais refaire une période d'essai, et donner mon accord à pas mal de conditions qui ne me paraissaient pas très avantageuses). 

Et le salaire, lui, ne changeait pas, il était même inférieur à ce qu'on gagnait actuellement, car cette fois-ci on côtisait pour nos congés payés.

Après quelques secondes de réflexion, j'ai dit merci mais non merci au salaire de $34 000 pour enseigner de 9h à 14h30 dans cet institut de langue anglaise.  Pour information, un professeur du secondaire gagne environ $60 000 (selon mes sources).

Et j'ai décidé de faire enfin (deux ans après notre arrivée en NZ!) reconnaître mes diplômes de professeur de secondaire. Il faut dire que le processus n'a rien de très attrayant. Dans l'ordre:

1. Regrouper tous mes diplômes, certificats, relevés de notes, et autres documents des 20 dernières années de ma vie.

2. En faire traduire certains (environ $50 par document) 

3. Les photocopier et les faire certifier conformes (gratuit, youpie!)

4. Effectuer une pré-inscription en ligne auprès du NZQA et payer la modique somme de $800 pour qu'ils me disent si oui ou non mes qualifications sont reconnues ici. S'ils disent non, cet argent est perdu.

5. Envoyer les documents originaux au NZQA

6. En parallèle,  faire un dossier auprès de l'organisme qui s'occupe de la certification des professeurs afin de faire valider mon dossier et obtenir le sésame: mon nom sur la liste des professeurs habilités à enseigner en Nouvelle Zélande (coût minimum: $200, mais pouvant atteindre plus de $4000 si je dois faire un stage de "mise à niveau"). Leur envoyer les copies des certificats et diplomes, la réponse positive du NZQA, ainsi qu'un extrait de casier judiciaire et une double preuve d'identité à faire établir auprès d'un directeur d'école ou de crèche (véridique!). 

J'aurais sans doute dû décortiquer l'étape 6 en sous-étapes....

Si tout se passe comme prévu, mon nom pourrait être sur cette liste dans environ deux mois. Je n'y crois pas beaucoup parce que d'une part je n'ai pas encore réussi à localiser tous mes diplômes, et d'autre part je pense qu'ils vont me demander de refaire un stage. Et là, le coût me fera réflechir encore un peu.

Il faut dire qu'avoir son nom sur la liste ne garantit pas un emploi. Il donne juste le droit de postuler auprès des écoles qui elles doivent impérativement employer un enseignant dont le nom figure sur la liste. Et des postes d'enseignante de français, il n'y en a pas des masses non plus ici. Les quelques-uns que j'ai vus étaient souvent des temps partiels en plus.

Enfin, les dés sont à moitiés jetés, j'ai payé et renvoyé une partie du dossier, il ne me reste plus qu'à continuer.

Update: Au moment où j'écrivais ceci mon ex-employeur m'a téléphoné pour me demander de faire un remplacement à plein-temps en Janvier. J'ai accepté, au moins comme ça, ça m'occupera pendant la longue attente.


jeudi 6 octobre 2016

Des nouvelles du front

Voilà un  mois que j'ai remis les pieds (ou un pied peut-être, vu que je suis à mi-temps) dans l'étrange monde du travail. 
La transition a été facile pour les filles, et j'ai la chance d'avoir de bons amis qui m'ont aidée en gardant l'ainée quelques jours pendant les vacances. Je rappelle que le kindergarden est certes gratuit, mais fermé pendant les vacances scolaires. 

Globalement, je suis contente de mon sort. Bien sûr, après quelques semaines de lune de miel, je découvre maintenant les tensions et les problèmes qui existent dans tous les lieux de travail du monde. Mais au moins notre structure est à taille humaine et les contacts humains sont faciles à établir. Et j'enseigne le théâtre en anglais à un groupe une fois par semaine, yes!

J'ai découvert que les autres enseignants ont le même statut précaire que moi, mais cela devrait changer dans les semaines à venir et nous devrions avoir des CDI. Le salaire cependant ne devrait pas évoluer beaucoup, malheureusement. 

J'ai réalisé que ce n'est pas parce que je vivais dans un pays anglophone que je pratiquais beaucoup mon anglais et faisais des progrès. Evidemment, après avoir vécu plus de dix ans en pays anglophones, mon niveau d'anglais a atteint un plateau et les progrès se font au compte-goutte. Mais il me reste encore des tas de choses à apprendre et surtout j'aimerais travailler mon accent afin de passer pour une anglophone. Je ne cherche pas à imiter l'accent kiwi car ce n'est pas mon préféré, mais britannique ça m'irait bien.  Petit challenge personnel qui me permettrait aussi d'être plus performante au travail.

A la maison nous parlons français, bien entendu, et jusqu'ici je donnais aussi des cours de français. Mes meilleurs amis n'ont pas spécialement l'anglais pour langue maternelle, à part un ou deux. Mes chances de progresser étaient donc jusqu'ici assez limitées. Mais à présent, je parle anglais avec mes collègues, et je dois  présenter un modèle linguistique authentique à mes étudiants, ce qui me pousse à faire des efforts. 



mercredi 7 septembre 2016

Retour dans le monde du travail 1

Et voilà, après quelques envois de CV à droite et à gauche, j'ai décroché un emploi! Youhou!

Inutile de s'affoler outre-mesure, il ne s'agit que d'un emploi d'enseignante à temps partiel de 15 heures par semaine. Je vais travailler tous les matins et avoir mes après-midis libres  avec mes enfants. 

Bon, ça demande un peu d'organisation évidemment. Une journée supplémentaire en crèche et extension des horaires pour la petite, une nounou à domicile deux matinées par semaine pour les deux, un arrangement avec une autre famille pour emmener l'ainée à la petite école française, une répartition optimale des tâches mâtinales (confection des boites déjeuner, préparation des sacs, habillage, transport des enfants), et l'achat d'un vélo-casque-lumières-veste jaune-antivol pour que je puisse aller au travail.

La question du salaire élucidée par mes soins après l'offre d'emploi, -une pudeur néo-zélandaise peut-être?-, je constate non sans peine que ce que je gagne couvrira à peine ce que je dépense en frais de garde. Et que si j'ai des horaires de professeure agrégée, le salaire lui est inférieur à un smic français...

Mais je DOIS travailler. Je le veux. Je n'en peux plus de rester à la maison.

Le jour de la signature du contrat arrive. Ma petite s'agite sur mes genoux dans le bureau du secrétariat et par-dessus sa tête je distingue les mots "Independent contractor", signifiant que je ne suis pas une employée de l'entreprise, mais une contractuelle. Je devrai déclarer mes impots moi même, et surtout je n'ai droit ni aux congés payés ni aux congés maladie.
De plus il s'agit d'un CDD qui peut prendre fin à tout moment si "le nombre d'étudiants inscrits baisse".

N'est-ce pas que ça donne envie, hein?  

Pourtant le travail a l'air intéressant, les élèves et les collègues sont agréables, et je vais enseigner l'anglais à des étrangers, ce qui est ce que je faisais en France. Il s'agit d'une petite structure où je vais aussi pouvoir faire un cours de théâtre. 

Bon, je me donne quelques mois pour trouver mes marques et... voir si je peux négocier un autre contrat?





lundi 11 juillet 2016

De ma galère d'être mère en Nouvelle Zélande... Regard en arrière



Bon, je ne suis pas faite pour être mère au foyer, hein, ça commence à être bien clair. Même les jours où mes enfants sont à la crèche et où je pourrais me détendre, je désespère de ma situation.


Tout d'abord, je n'ai pas dormi depuis 4 ans, pas plus de quelques heures d'affilée en tous cas, donc mon cerveau ne fonctionne qu'au ralenti. Ce qui fait que ça m'a pris tout ce temps pour réaliser que je n'aimais pas cette situation.

Les femmes  d'ici sont habituées à arrêter de travailler quand elles ont un enfant. Elles s'en occupent en général jusqu'à ses cinq ans, âge auquel il entre à l'école. Elles mettent leur vie professionnelle et leur salaire entre parenthèses pendant plusieurs années.

Mais moi je ne m'y fais pas du tout du tout du tout. Ma plus jeune n'a même pas deux ans alors en théorie j'ai encore 3 ans à faire comme ça? Non, j'exagère, à partir de trois ans les enfants peuvent avoir une place au kindergarden qui a l'avantage d'être gratuit. Ben voilà! Problème résolu alors? plus qu'un an à attendre.

Mais le kinddie comme on l'appelle affectueusement ici a quand même de sérieux désavantages. D'abord, on n'obtient pas toujours une place dès trois ans (I, notre aînée, avait presque 4 ans quand elle a pu y entrer). Et puis selon les endroits, il y a une restriction quant au nombre de jours et d'heures où notre enfant peut y aller. Certains kinddies ne proposent que des demies journées (8:30- 11:30, ou 11:30-14:30, soupir) et seulement quelques jours par semaine. Re-soupir.

Ils ferment à 14:30. Soupir final.

Avant... avant en France, j'avais un travail que j'aimais, et qui ne me cantonnait pas au monde des enfants.
Avant en France ma fille allait à la crèche 4 jours par semaine, et je pouvais la récupérer sans stress après mon travail.
Avant en France je la gardais le mercredi et cela suffisait amplement (quand je vous dis que je n'ai pas trop la fibre dite maternelle, il faut me croire).

Avant en France je ne voulais pas d'un 80% parce que je sentais bien que j'allais me faire avoir.  En tant que prof, on peut avoir un bon emploi du temps en étant à temps plein et un mauvais en étant à temps partiel, donc je préférais faire toutes mes heures et avoir mon salaire complet.

Non, je n'ai pas envie de rentrer en France. J'aime Auckland et la NZ. J'aime les gens que j'ai rencontrés ici. J'aime le climat (23 degrés en plein hiver sur ma terrasse ce midi) et la beauté des paysages, la mer, les gens, etc..

Mais je n'aime pas être mère au foyer. Il faut que je fasse quelque chose pour changer cela.

La semaine dernière on m'a proposé un travail à plein temps qui ne payait même pas la crèche des filles. Soupir. Et qui n'était même pas intéressant. Soupir soupir soupir.


mardi 28 juin 2016

Le réveil de la féministe


La Nouvelle Zélande est globalement un pays où on se sent plutôt bien en tant que femme: pas trop de harcèlement de rue ou de regard des hommes sur le corps des femmes comme j'ai pu le sentir dans d'autres lieux où j'ai vécu (France, Royaume-Uni, Dubai). On peut porter ce que l'on veut, tout le monde s'en fiche, et on voit de tous les gabaris et tout le monde s'en fiche aussi. Et puis, c'est le premier pays où les femmes ont obtenu le droit de vote. 

De quoi puis-je bien me plaindre alors, hein? Deux choses: la place des mères. Et la prévalence des stéréotypes de genre. Les deux étant évidemment liés.

Vous n'avez quand même pas cru que j'allais me plaire dans mon nouveau rôle de femme au foyer et me taire? Que j'allais faire les courses, le repas et le ménage, m'occuper des enfants et attendre que chéri rentre du travail pour servir le dîner, et faire la vaisselle en plus? Ah ah ah...

Bon, j'ai adopté cette façon de vivre sans trop me poser de questions au début, car il était difficile de faire autrement. Et je me suis lancée dans la création de mon entreprise (mais évidemment, mon temps n'est pas élastique et je ne peux proposer que quelques cours les jours où mes enfants sont à la crèche. Cours qui payent à peine la crèche).  Et j'ai aussi exploré des voies artistiques (théâtre, chant, photographie, peinture, écriture) que j'avais délaissées pendant des années, ce qui est positif pour mon épanouissement.

Mais j'ai quand même cette impression de vivre une vie de mère. Ici les papas travaillent et les mamans s'occupent souvent à plein temps des enfants jusqu'à leurs cinq ans. J'ai croisé quelques familles au schéma différent mais elles restent des exceptions. Et je n'en peux plus d'être cantonnée à ce rôle de mère, je vous jure! J'ai l'impression d'être dans la série Mad Men quelquefois. J'en ai marre de voir toutes les mères autour de moi faire la même chose parce que ce sont des femmes et que les femmes s'occupent des enfants et bla bla bla.

A part râler (ça, c'est fait et refait!), que faire concrètement?

Qu'est-ce que je veux? Me demande t-on.

Une société EGALITAIRE, où la répartition des tâches et du travail n'est pas fondée sur le fait d'être un homme ou une femme. Je veux que les hommes ET les femmes s'occupent des enfants à parts égales. Temps égal au foyer. 

Ok, on donne naissance (et c'est pas une partie de pêche à la ligne, je sais de quoi je parle). Et on allaite (si on veut, si on peut, oui oui oui pas de problème). Mais après, hein? Pourquoi est-ce qu'en Nouvelle Zélande ce sont les femmes qui majoritairement s'occupent des enfants pendant 5 ans? Les papas pourraient très bien le faire aussi. Au lieu que Madame passe toute la semaine avec les enfants et Monsieur au bureau, on pourrait très bien imaginer un schéma où chacun travaillerait à mi-temps et s'occuperait des enfants à mi-temps. Au lieu que Madame ne soit pas payée et que Monsieur gagne tout l'argent on pourrait peut-être partager le gâteau, non? Ce serait une volonté politique d'égalité des sexes et de combat des stéréotypes de genre. 

Nous pourrions aussi mettre les enfants en garde toute la semaine et bosser tous les deux, me direz-vous. Possible, mais les crèches coûtent tellement cher que mon salaire ne servirait qu'à payer les frais de garde. Et j'aime l'idée de passer du temps avec ses enfants, mais pas tout le temps et pas que les mères. Le "care" ne devrait pas avoir de sexe. C'est ça qui m'énerve le plus je crois, cette reproduction d'un modèle de division des tâches, et je veux lutter contre ce modèle. Cette lutte passe par une plus grande prise en charge du "care" par les hommes. Si les hommes continuent à ne pas s'occuper des enfants et de la maison autant que les femmes, comment peut-on arriver à l'égalite?

Moi je vois une volonté politique dans la forme actuelle. Non seulement les mères au foyer ne sont pas considérées comme demandeuses d'emploi et  ne viennent pas augmenter les chiffres du chomage, mais en plus les hommes ont libre accès au travail. Moins de compétition, les femmes étant en train de changer des couches et de chanter "Twinkle twinkle little star" en faisant les gestes de la chanson dans une salle remplie de femmes à la bibliothèque du quartier. Après quelques années à chanter ça, on se demande comment on peut d'ailleurs retrouver assez de neurones pour écrire un CV et aller à un entretien d'embauche, mais c'est une autre question...

Frein numéro 1 à ma requête de temps partagé: il y a très peu d'emplois à mi-temps pour les hommes. Premier bâton dans les roues.  Et bien, il faudrait que l'on puisse choisir de travailler moins. Pour les femmes c'est plus facile de trouver un emploi à temps partiel. Il faut que les employeurs jouent le jeu. S'il y avait autant d'employeuses que d'employeurs, on n'en serait peut-être pas là. Et si les hommes avaient envie de passer un peu plus de temps à s'occuper de leurs enfants aussi, hein? Ils arriveraient bien à se faire entendre.

Deuxième: l'argent. Les hommes gagnent plus que les femmes donc si dans un couple chacun travaille à mi-temps, la famille gagnera moins d'argent que si c'est l'homme qui travaille à temps plein et la femme qui garde les enfants. Ok, et on va dire encore longtemps que les femmes gagnent moins ou on va faire quelque chose de concrêt? Maintenant serait le bon moment, depuis le temps qu'on en parle.
Ah mais les femmes ne choisissent pas les mêmes emplois, et on sait bien que professeurE gagne moins que ingénieur par exemple. Deux solutions à employer en même temps: d'abord au niveau de l'éducation et du choix des métiers: stop aux stéréotypes de genre. A l'école, en famille, dans la rue, dans les supermarchés, la pub, pour les jouets de Noel... On voit bien qu'il faut tout passer au peigne fin et ne RIEN laisser passer. RIEN.  Deuxièmement, pourquoi est-ce que un prof serait moins payé qu'un ingénieur? A diplome égal, salaire égal. Comme dans l'éducation nationale, il devrait y avoir une échelle des salaires selon le diplome et le grade. Quelque chose comme celà nous faciliterait la tâche. 

Cause toujours... Voici la réponse type des gens à qui j'ai pû parler. Alors j'ai décidé que c'est ce que j'allais faire: parler. Ecrire, prendre des photos, relever tout ce qui me semble approprié. L'ouvrir avec un grand O pour faire entendre ma voix. 

La goutte d'eau qui a fait déborder le vase a été l'organisation d'une "soirée mecs" (Blokes' night) dans une école secondaire en bas de ma rue (voir le détail en anglais en bas de ce poste).  Mon sang féministe n'a fait qu'un tour quand j'ai vu les affiches de cette soirée dont le but était de récolter des fonds pour financer les tenues de sport des collégiens et collégiennes (ouf!). Les hommes (pères, grands-pères, anciens élèves...) étant invités à une soirée 100% mecs où ils pourraient boire de la bière, jouer aux flêchettes, au billard, au ping-pong, faire du networking  et participer à un concours de boissons... Soirée interdite aux femmes ;-(
J'ai contacté les organisateurs (hommes et femmes) qui ont gentiment répondu à mes questions sans voir quoi que ce soit de sexiste à leur petite soirée. Ils ne connaissaient pas le terme "stéréotype de genre" et m'ont demandé ce que j'entendais par là. Ils ne voyaient pas du tout en quoi j'étais choquée. 
 Ce qui m'a encore plus choquée.

 Du coup ça fait une semaine que je n'ai pas fait la vaisselle après le dîner, en signe de protestation. 

Une petite lutte pour l'égalité...

Ci-dessous le détail de la soirée mecs:

BLOKES' NIGHT:
On behalf of the Belmont Intermediate PTA we invite all Dads, Grandads, Rellies and Old Boys (& Dads with Kids Starting 2017) to the first Annual BIS Blokes Night.
This event is an opportunity to come and meet other Blokes from the community with a connection to Belmont Intermediate. This will be a fun night with Craft Beer, Lamb on the Spit and many activities including Pool, Darts, and a wine tasting competition.
Plus put down your home brew now and bring it along for the tasting challange for a chance to win the first annual Brewers Champ Cup!
Get in Early as there are limited tickets! We promise a night to remember and a great opportunity to network with your community and help raise money towards School Sports Uniforms .
Ticket price includes - One beer on arrival plus food
Cash Bar available thereafter with Craft Beer and Wine. Bring gold coins for other activities.
FAQs
Are there ID requirements or an age limit to enter the event?
Yes, no one under the age of 18 will be admitted.  Anyone that appears to be under 25 years may be required to show identification prior to entering.  Suitable identification includes a current NZ drivers licence, passport or Hospitality NZ 18+ card.  Under the Sale & Supply of Alcohol Act the minimum legal age for the purchase of alcohol in New Zealand is 18 years.
What can/can't I bring to the event?
Bring gold coins for the activities.
Cash for the bar, EFTPOS will be avialable but cash prefered.
If you wish to enter in the Home Brew Competition then bring along approximately 1L of it for the tasting event. Note: home brew will  only be consumed at the event by the judges of the Home Brew Competition. 
Is my registration/ticket transferrable?
No
What is the refund policy?
No refunds
The name on the registration/ticket doesn't match the attendee. Is that okay?
Names will be checked on arrival.
Is Food available?
Yes there will be lamb on the spit with bread rolls and salad served ~7pm and Hot Chips for later in the night.  Snacks, such as potato chips and peanuts, will be available for purchase.
What beer will be available?
Good quality Craft beer and a low alcohol option!
Can I bring my Wife or kids?
No :)
Where are the proceeds going?
Boys and Girls Basketball uniforms that will be reused each year
What activities will be available?
Pool, Darts, Wine Tasting Comp, Horse Shoe Toss, Ping Pong and lots more, plus good old networking.

When

lundi 2 mai 2016

Femme expatriée, femme au foyer?

On trouve de tout sur Facebook, et un de mes contacts a posté cet article du Point que je trouve assez intéressant:

Femme d'expat ou femme expat?

Et puis j'ai découvert ceci:

Moi fabuleuse expatriée

Je vous laisse lire tout cela tranquillement et je réponds moi-même aux trois questions:

1. Vous sentez-vous femme d’expatrié ou femme expatriée ?

 

Mmm... Déjà je me sens femme, ou plutôt mère, beaucoup plus que si j'étais restée en France. J'ai suivi mon mari ici (pas contre mon gré, je l'ai plutôt poussé à partir!) et j'ai mis ma fabuleuse carrière de professeure d'anglais au sein de l'Education Nationale entre parenthèses. 

Ici, c'est moi qui passe le plus de temps avec les enfants. Je suis devenue mère au foyer, ce que je n'aurais jamais imaginé faire. J'étais très très loin de cette vie là en France.

Ma vie se vit au rythme des enfants, certes, mais j'ai aussi mes activités, mes amis, et mon entreprise qui se développe.  Ceci me permet d'avoir une identité propre, sans me sentir définie par mon mari. Oui, c'est son travail qui nous a permis de nous installer ici, c'est son salaire qui nous fait vivre, mais mon rôle est tout aussi important que le sien. 

2. L’expatriation vous a-t-elle obligée à vous réinventer ?

 

Oui! Si je n'avais pas d'enfants, ou bien si le système de garde était aussi facile qu'en France, j'aurais sans doute effectué les démarches nécessaires pour devenir enseignante ici et je travaillerais probablement maintenant comme professeur de français dans un collège/lycée.

Mais on n'est pas en France. L'école commence à 5 ans et les crèches sont très chères et/ou ferment tôt. Avec deux enfants en bas âge,  mon salaire de professeure couvrirait juste la crèche et les transports, alors le calcul était vite fait. 

J'ai donc dû totalement me réinventer et créer une activité me permettant de travailler à mon rythme. 

L'expatriation m'a poussée à être créative et innovante, à sortir des sentiers battus et à me découvrir aussi.


3. L’expatriation a-t-elle changé votre vision de votre place au sein du foyer ?

 

Oui, puisque j'évolue dans une société différente. Ici, le temps passé avec les jeunes enfants est précieux, et lorsque je leur parle du système français,  les gens sont étonnés que l'on reprenne le travail si tôt et que l'école commence à 3 ans. 

Changer de pays et de culture m'a fait prendre conscience qu'il y avait d'autres possibilités de vie familiale, et que cela ne rimait pas toujours avec un retour en arrière pour la femme. On peut être maman au foyer ET avoir une activité professionnelle/culturelle enrichissante.










dimanche 1 mai 2016

Babysitting/ garde d'enfants en français!

Et bien voilà, www.dramatongue.com ouvre un nouveau service de babysitting/ garde d'enfants dans la langue de Molière (et de Catherine Deneuve, qui serait une des françaises les plus connues à l'étranger).

Un service que j'aurais moi-même aimé trouver en arrivant ici quand mes enfants ne parlaient pas anglais et que je cherchais quelqu'un pour les garder afin de me rendre à des entretiens professionnels.

 Mais surtout un service qui s'inscrit dans la continuité de mon entreprise de promotion du français.
A travers Bébé French, l'atelier des 0-5 ans, je rencontre beaucoup de parents qui aiment notre langue et souhaitent offrir à leurs enfants un bain (ou même juste une douchette) linguistique. J'ai commencé à assurer moi-même quelques heures hebdomadaires de garde d'enfants auprès d'une famille que je connaissais, mais mon temps libre étant limité, le temps est venu de recruter quelques personnes dynamiques et motivées pour me seconder.

Dramatongue est donc en pleine expansion! Quel plaisir d'enfiler une nouvelle casquette. Me voici à présent directrice en chef des ressources humaines.

N'oubliez pas de nous suivre sur Facebook  ici (J'aime j'aime j'aime!)





dimanche 24 avril 2016

La jaune canne à pêche

Ma fille I faisait une partie de pêche à la ligne avec A, un petit copain français vivant en Nouvelle Zélande depuis à peine un an et venant juste de commencer l'école. Assise sur la moquette de la chambre de  A, je m'émerveillais devant des jouets m'étant jusque là inconnus, toute habituée que j'étais aux chambres roses bonbon remplies de robes de princesses, de maisons de poupées, de dinettes et de baguettes magiques - mes principales amies n'ayant que des filles. 

Devant moi se trouvait une grue géante, affublée d'un mécanisme lui permettant de soulever et déplacer des cubes de constructions. A, très fier, avait interrompu sa partie de pêche pour me montrer comment activer l'engin, marchant au passage sur le circuit de train qu'il venait d'assembler sur toute la surface du sol. La démonstration terminée, il me mit ensuite dans les mains un énorme camion de pompiers avec une échelle atteignant presque le plafond et une lance que l'on pouvait dérouler et qui aurait pu éteindre un incendie naissant de l'autre côté de la rue s'il l'avait fallu. Si si.

Mes yeux brillants l'encouragèrent à me montrer comment actionner la sirène qui était accompagnée d'un girophare bicolore. Je me demandais pourquoi personne ne nous avait offert de tels jouets auparavant. Pourquoi l'idée d'un tel cadeau à ma fille ne m'avait jamais effleuré l'esprit, et pourquoi on avait cinq baigneurs (oui, cinq) et pas une seule grue à la maison. A avait-il un baigneur d'ailleurs? Je regardais un instant autour de moi et ne vis aucune forme ne s'apparentant à une poupée. Il y avait des petites voitures, des jeux de cartes, beaucoup de personnages type super-héros, un pistolet à eau... Le contraste était saisissant. Je restais un instant assise là, à me poser quelques questions sur comment moi, féministe, moi bien consciente du sexisme des rayons jouets "pour filles" et "pour garçons" des supermarchés, moi qui pensais faire attention à promouvoir tous les types de jouets, j'en étais arrivée à ne pas avoir de grue, de train ou de camion de pompier chez moi. Comment ma fille avait cinq baigneurs à disposition, une énorme maison de poupée, une collection de paillettes, mais pas un seul super-héros ou super-héroine?

A avait repris sa place près des poissons aimantés et je l'entendis soudain me demander de lui passer la canne à pêche qui se trouvait à mes côtés. La jaune canne à pêche, me précisa t-il. 

Je sortis illico de ma rêverie, et les -nombreuses- voix des gens m'ayant dit d'être vigilante me revinrent à l'esprit:
"Attention, attention, ça commence de façon anodine, et puis en peu de temps ils se mettent à ne parler qu'en anglais, et puis ils refusent de parler français, et puis il se savent même plus le parler"...
"Attention, ne leur parlez jamais en anglais, ne faites pas la même erreur que moi"...
"Chez nous, mon mari a décrété l'interdiction de parler anglais. Si les enfants parlent anglais, on ne leur répond pas"...
"S'ils commencent à perdre leur français, ils n'auront plus confiance, et au bout de quelque temps ils ne pourront même plus communiquer avec leurs grands-parents français"...
"La canne à pêche jaune, A, la canne à pêche jaune", je répétai, tout en lui passant l'objet. J'allais devoir redoubler de vigilance. Si à peine quelques semaines d'école en anglais avaient cet effet sur A, qu'en serait-il dans 5 ans?

Et soudain je me souvins que I avait quelques petites voitures, des ballons de foot, et une perceuse, offerte par son cousin comme cadeau de départ lorsque nous avions quitté la France. Ah, voilà qui rétablissait un peu l'équilibre et me redonnait espoir. Une perceuse aux embouts interchangeables. Une perceuse rouge.




mardi 2 février 2016

Vacances

En fait, c'est la fin des vacances d'été ici. Ah oui, ça fait tout drôle pour ceux qui connaissent en ce moment des températures basses en Europe (non pas que je suive la météo européenne de près, mais bon, j'imagine un début Février type), mais ici Janvier et Février sont des mois très chauds. On a environ 30 degrés depuis trois semaines et j'adore. J'aime le chaud, j'aime vivre en tongs et en robe de plage, j'adooore ouvrir les vitres dans la voiture et sentir le courant d'air chaud s'engouffrer par la fenêtre, je mets rarement la clim, je préfère suer à grosses gouttes et dire "il fait chaud" en pensant à l'hiver en France. J'adore sortir les poubelles (mais si mais si) et avoir encore chaud à 22h, bref, vous l'aurez compris: c'est ma saison préférée!

Alors quoi de neuf ici?

Bon, déjà niveau drapeau, le choix s'est réduit à ça:

Image

Et on voit déjà flotter le "nouveau" chez les gens qui vont voter pour. C'est super car ça permet de s'y habituer et de se rendre compte qu'il est beau. Je suis conquise.

En ce qui concerne Dramatongue, je reprends les cours dans une dizaine de jours. Je suis très contente car ça marche bien et j'ai tissé des liens avec de nombreuses personnes d'ici. Le quartier où nous vivons est propice au lien social car on est sur une péninsule dont le style de vie s'apparente à une petite ville insulaire. On croise toujours des gens que l'on connait, on s'appelle par notre prénom (courant partout en Nouvelle Zélande où on appelle même son médecin par son prénom).

Et puis, pour terminer car il se fait tard, notre voisine d'en face est extra et nous apporte plein de choses de son jardin (tomates, courgettes, herbes aromatiques, oeufs...). Tant et si bien que je me croirais un peu dans "Une année en provence" quand Peter Mayle découvre un voisinage qui cultive ses légumes avec amour. Et ça, je ne pensais pas vraiment le trouver en Nouvelle Zélande, et encore moins à Auckland.

Allez, je retourne à ma chaleur!


mercredi 4 novembre 2015

www.dramatongue.com

Non non non je ne vous ai pas oubliés. Mais j'ai été trèèèèèèès occupée. Explication:

Il y a quelques semaines je parlais de l'énergie du renouveau, et bien pour ceux que ça intéresse voici concrètement ce qui en découle: j'ai lancé ma propre entreprise. Je suis maintenant professeur de FLE (Français Langue Etrangère) freelance. Yes, madam!

Moi qui avais toujours pensé n'avoir pas la moindre fibre auto-entrepreneuse, je découvre un tout autre monde que celui dans lequel j'évoluais jusqu'ici. Un monde qui fourmille de possibilités, un monde en pâte à modeler ou tout est imaginable et potentiellement réalisable. Un monde en feuille de papier qu'on peut plier et déplier à sa guise pour créér son univers.  Un monde Dramatongue.

Dramatongue?
Drama (théâtre) et Tongue (langue). L'apprentissage du français par le théâtre. 
Et pour les plus jeunes (de 0 à 5 ans, avec leurs parents), des ateliers liant chansons, comptines, histoires et jeux. Des moments où la langue se vit et se met en scène à travers le corps.

La meilleure façon d'apprendre une langue. Tout comme L'Or est le meilleur café du monde. Indiscutable.

L'idée me titillait déjà depuis longtemps (des mois, des années, une decennie?), et puis un jour j'en ai eu assez d'attendre je ne sais quoi d'ailleurs, et je me suis lancée. J'ai pris mon téléphone, ai visité et réservé des salles, acheté une photocopieuse, embauché Mr B comme assistant chef informatique (il insiste!). On il a réalisé des affiches/ créé un site web/ fait des fichiers Excel à tout va/ recadré les affiches/ débugé l'ordinateur/ imprimé les affiches en différents formats (oui, mes capacités informatiques sont assez limitées). Et Dramatongue était né.

Les ateliers ont commencé mi-octobre. Au nombre de trois: un cours pour adultes de français par le théâtre, et deux ateliers pour enfants. Le théâtre a tout de suite bien marché et les ateliers enfants démarrent lentement mais sûrement.

Un petit bilan:

J'aime:
-créer mes propres programmes et faire ce que je veux
-travailler pour moi (sans chef, sans réunion, sans réunion, sans réunion!)
-trouver sans cesse de nouvelles idées
-chercher des moyens de donner vie à ces nouvelles idées
-faire ce que j'aime vraiment (le théâtre, le FLE, l'écriture)
-partager mon enthousiasme et rencontrer des gens qui aiment notre langue au point de vouloir l'apprendre ou la perfectionner ici en Nouvelle Zélande.
-porter plusieurs casquettes (créatrice, prof, visionnaire, chanteuse, actrice, metteur en scène, chef du marketing)

J'aime moins:
-le côté marketing. Je n'avais pas du tout mais alors pas du tout ça dans la peau (en plus j'étais fonctionnaire!). Ceci dit, j'apprends beaucoup et je gagne en confiance. Je ne sors plus sans mes cartes de visites, mon rouleau de scotch et mes affichettes. Même pour aller au parc, surtout pour aller au parc. J'engage la conversation avec toute personne se trouvant dans mon champ de vision. Facile à faire au parc avec les enfants, cela reste dans mon domaine limité de capacités. Après quelques échanges, les gens demandent presque toujours si je travaille ou si je m'occupe essentiellement de mes enfants. Et là, v'lan, je leur agite ma carte sous le nez. Bon, pas immédiatement immédiatement, mais vous avez l'idée.

Voilà. Une autre chose que j'aime un peu moins c'est de devoir travailler tard le soir quand les filles sont couchées car c'est le seul moment où je peux le faire. Mais c'est évidemment le lot de beaucoup de parents. Bon, il est d'ailleurs tard donc je vais aller me coucher pendant que de l'autre côté de la terre en Europe les restaurants se remplissent pour le déjeuner.

Mais avant de partir, il me reste à vous demander d'aller voir par là. Si si si, vous n'allez pas vous en sortir comme ça:


Dramatongue vous remercie et vous souhaite une excellente journée/soirée/nuit. A bientôt!









jeudi 8 octobre 2015

La terre va trembler!


La terre va trembler jeudi 15 Octobre à 9 heures 15.

A la maison, au bureau, au café, dans n'importe quel lieu, on va suivre le principe du Drop, Cover, Hold: on va se mettre à genoux, s'abriter sous une table solide ou sous ce qu'on trouvera et attendre que ça passe.





Cet exercice proposé par le gouvernement s'appelle New Zealand Shake Out et vise à préparer la population à l'éventualité d'un séisme. Il faut savoir que le pays est situé sur la "Ceinture de feu" du Pacifique où les plaques continentales entrent fréquemment en collision provoquant une importante activité sismique. Et bien sûr tout le monde ici garde en mémoire ce jour noir de février 2011, où un séisme de magnitude 6,3 dans la région de Canterbury (île du Sud), autour de Christchurch, a causé la mort de 185 personnes.

Donc, la nation va se préparer en choeur puisque à ce jour plus d'un million de participants se sont enregistrés sur le site NZ Shake Out. 


On n'est pas obligé de s'inscrire, ni même de respecter la date et l'heure, mais c'est quand même plus sympa de sentir que l'on fait ça tous ensemble. Les entreprises participent aussi, et même si M. B a rigolé en disant qu'il n'allait quand même pas se mettre sous son bureau avec ses collègues, je suis sûre qu'il va suivre le mouvement.

Pour ma part à cet heure le jeudi je suis habituellement à la maison avec les filles, en train de décoller des restes de nourriture du plancher, ou bien d'empêcher Miss I de tirer les cheveux de sa soeur, ou encore d'installer Miss A dans sa poussette afin de pouvoir prendre une douche tout en la surveillant d'un coin de l'oeil à travers la buée de la cabine de douche (oui, j'ai des matins très fun!). 

Trouvant l'idée de cet exercice très intéressante, je me suis dit que j'allais le suivre avec les filles. Qu'à 9h15 jeudi prochain on se mettrait toutes les trois sous la table pendant une minute et puis voilà. 

Un peu facile mais on aura quand même l'impression de faire partie d'une préparation à grande échelle. Et puis ça permettra aux filles de ne pas être trop surprises si jamais elles doivent refaire cela à la crèche. Quoi qu'à leur âge elles passent beaucoup de temps à fureter sous les tables donc il n'y aura pas vraiment d'effet de surprise. 

Affaire bouclée donc.

C'est ce que je pensais. Et puis en me rendant sur la page "Nouvelle Zélande" du site de France Diplomatie qui prodigue des conseils aux visiteurs dans le monde, je suis tombée là-dessus:


Certaines régions de Nouvelle-Zélande sont situées dans une zone de forte activité sismique. Les recommandations de base sont les suivantes :

A l’intérieur :

  • s’éloigner des fenêtres, des murs extérieurs, de tout meuble, tableau, luminaire susceptibles de se renverser ;
  • s’abriter sous une table solide ou tout meuble résistant ou rester debout sous un encadrement de porte ;
A l’extérieur :

  • s’efforcer d’atteindre un espace libre, loin des arbres, poteaux électriques, murs ou bâtiments ;
  • dans la voiture, s’arrêter au bord de la route et attendre à l’intérieur la fin des secousses.

 Ah. Me voici donc en quête de l'endroit où se cacher à trois... Notre table de cuisine est près d'une fenêtre et dans une aile de la maison construite sur pilotis, donc se cacher dessous ne me semble pas très judicieux. La seule autre table que nous possédons est également à proximité d'une fenêtre et d'arbres. Rester debout dans un encadrement de porte est peut-être préférable, mais beaucoup moins fun que sous la table, avouons-le. Je ne me sens pas du tout crédible dans mon rôle d"'organisatrice d'alerte au séisme" si tout ce que je fais est de dire aux enfants:" allez, maintenant on imagine que tout bouge et nous on reste debout là et on attend que ça passe...".

Devrait-on alors sortir? Le seul espace libre loin des arbres, poteaux et bâtiments est au milieu de la rue, mais bien sûr si on reste la une minute on court le risque de se faire écraser par un automobiliste ne participant pas à l'exercice (car ceux qui participent seront arrêtés sur le bord de la route).

Hum... Il me reste une semaine pour trouver l'Endroit où nous cacher. 

Mais ce n'est pas tout: selon France Diplomatie, d'autres mesures s'imposent:

Il est recommandé de stocker eau, piles, allumettes, lampes électriques, trousse médicale de première urgence, radio, bougies, vivres, quelques médicaments (la liste est disponible à la dernière page de chaque annuaire téléphonique).
Dans tous les cas, il faut conserver son calme, suivre les instructions données et attendre les secours, si nécessaire. Tout séisme important est suivi d’une série de secousses secondaires.
Si un tremblement de terre se produisait lors d’un séjour touristique, il est recommandé à nos ressortissants de prendre immédiatement contact avec leurs familles ou leurs proches afin de les rassurer sur leur sort ou, le cas échéant, en cas de problème de communication avec l’extérieur, avec l’Ambassade de France.

Et une fois que j'aurai rassemblé tout ça, où est-ce que je vais le stocker, hein? Ce qui me paraissait si facile commence à devenir complexe. Et puis de toutes façons je suis presque sûre que jeudi prochain à 9h15 j'aurai tout oublié et serai en train de faire de grands gestes à travers la vitre de la cabine de douche pour empêcher Miss I de tirer les cheveux de sa soeur assise dans la poussette.

Oh well. J'étais pourtant pleine de bonne volonté.



jeudi 17 septembre 2015

De l'énergie du renouveau

Un départ. Une arrivée. Une énergie nouvelle. 

Malgré la fatigue accumulée des nuits hachées (ah, ces poussées dentaires qui durent des mois!), je suis en plein renouveau. Personnel et professionnel, les deux étant intimement liés.

J'ai tout d'abord renoué avec le théâtre et me suis présentée à des auditions pour jouer dans une pièce d'amateurs. Tout se passe par auditions ici, il faut prendre contact avec les metteurs en scène et souvent préparer un extrait de la pièce.  Et... j'ai été prise pour jouer un rôle dans une pièce d'Agatha Christie! Moi qui adorais jouer quand j'étais au lycée, je me suis demandée ce qui m'avait éloignée de la scène durant vingt ans  si longtemps. Je suis donc en train d'apprendre un rôle tout en faisant la cuisine, ce qui déconcerte beaucoup Miss I qui me regarde en me demandant "Qu'est-ce que tu dis, maman? Mais à qui tu parles?".

Et puis, j'ai découvert par hasard Diane Foreman, une auto-entrepreneuse kiwi dont le livre In the Arena m'a donné des ailes:


Inconnue en France très certainement, mais elle est devenue mon modèle. Et je suis sur le point de monter ma propre entreprise dans le domaine de l'éducation et du théâtre. 

Moi qui était bien contente d'être fonctionnaire en France car j'avais la sécurité de l'emploi, je suis en pleine métamorphose. En pleine renaissance: une femme nouvelle. Parce que de toutes façons je n'ai rien à perdre mais tout à gagner, je laisse parler la créatrice en moi. Et ça fait un bien fou.

Suspense suspense... La suite au prochain numéro!


lundi 7 septembre 2015

Pourquoi partir vivre à l'autre bout du monde?




Une petite escapade (sans les enfants!) au Musée Maritime qui  retrace notamment le parcours de ceux qui sont venus peupler la Nouvelle-Zélande: des premiers colons polynésiens entre 500 et 1300 après JC qui établirent la culture indigène Maori, aux explorateurs européens (Tasman 1642, Cook 1769, De Surville peu après), jusqu'à nos jours. 

Pourquoi quitter sa maison pour une terre presque inconnue à l'autre bout du monde?

Certains fuyaient une vie difficile, tandis que d'autres suivaient la promesse d'un avenir meilleur ou cherchaient l'aventure.
  


Dans notre cas, c'est certain, nous recherchions l'aventure! Nous n'avons tout de même pas sauté les pieds joints dans l'inconnu comme nous l'aurions peut-être fait à l'âge de vingt ans. Chéri (que je vais appeler Mr B dorénavant) avait un contrat avant de partir, ce qui veut dire visas de travail pour nous deux. Précieux (et coûteux!) sésames.

On avait toujours rêvé de partir vivre à l'étranger ensemble. Nous l'avions déjà fait chacun de notre côté avant de nous rencontrer (Grande-Bretagne et Emirats Arabes Unis pour moi, Maroc et Finlande pour Mr B), et on ne pouvait pas concevoir de passer le reste de notre vie au même endroit. J'étais d'ailleurs sur le point de demander une mutation dans les Dom Tom quand j'ai rencontré Mr B. Quelques années, une maison et deux enfants plus tard, c'était le moment. Un peu à contre-courant, quand tout le monde commence à (bien) s'installer dans la trentaine et à rembourser un prêt immobilier tous les mois, on a regardé la carte et on a fait la liste des pays où on voulait aller. Pour moi, c'était "n'importe où sauf... là où c'est dangereux, pollué, mysogine, trop religieux, trop froid, trop grand, trop étouffant, trop bétonné..." Au final, la liste des pays où je ne voulais pas aller était assez longue. Et il y a eu cette opportunité pour Mr B, un job soit en Australie ou en NZ. Deux pays qui étaient dans la bonne liste et où en plus on parlait anglais, ce que nous percevions comme une vraie opportunité pour nos filles (et pour nous aussi).

L'entretien s'est fait au téléphone, dans la langue des All Black. Mr B s'est bien débrouillé et a été invité à faire 30 heures d'avion pour venir voir 15 jours comment ça se passait sur le terrain au coeur de l'hiver néo-zélandais. Il est venu, ça lui a plu, il a signé son contrat et a repris l'avion dans l'autre sens. Notre deuxième fille est née 10 jours plus tard, et trois mois après on prenait place dans un A380.

Le visa de travail (valable entre 1 et 3 ans) est lié à un seul et unique emploi. Ironiquement pour Mr B, son visa stipule qu'il doit impérativement travailler au sein de sa compagnie actuelle, tandis que moi qui ai profité d'un "partnership" (sorte de rapprochement de conjoint pour conserver le langage de l'Education Nationale), je peux travailler où je veux. Mais si Mr B perd son emploi, son visa n'est plus valable et là les choses se corsent... C'est arrivé à la locataire qui nous précédait dans la maison, ayant perdu son travail, elle a eu quelques semaines pour retrouver un employeur qui sponsorise son visa, faute de quoi elle devait quitter le territoire. Elle est partie.

Les démarches pour obtenir un visa sont longues et n'ont rien à envier à la paperasse française. Nous avons mis du temps à réunir les documents, faire les passeports, passer les visites médicales avec un médecin agréé par Immigration NZ qui ne se trouve que dans trois villes de France (Bordeaux, Nice, Paris), avec radios des poumons pour les adultes, faire traduire des diplomes, obtenir des extraits de casier judiciaire etc...

Une fois tout cela envoyé et approuvé, on était prêt! Le travail de Mr B l'attendait, et l'aventure pouvait commencer. Au Musée Maritime, comme dans beaucoup d'endroits, on n'oublie pas de rappeler le rôle que joue l'immigration dans ce petit pays du Pacifique:

Les rivages de la Nouvelle-Zélande acceuillent toujours des immigrés. Notre nation continue à être façonnée par les diverses personnes qui viennent s'établir ici. Nous arrivons peut-être ici par des chemins différents mais nous partageons tous le même futur.
On se sent bien acceuilli, non?




lundi 31 août 2015

Changement de drapeau?



1er Septembre, 1er jour du printemps. Officiellement s'entend, car la pluie est au rendez-vous ce matin, mais les températures sont douces avec 18 degrés.

A la crèche les enfants ont parlé drapeaux ces temps-ci. La Nouvelle Zélande est en effet en train de réfléchir au choix d'un nouveau drapeau. Voici l'actuel, avec l'Union Jack (marquant l'union avec le Royaume-Uni), et la Croix du Sud (symbolisant l'appartenance de la NZ à l'hémisphère sud):


Après des mois de concertation publique, 40 drapeaux sont maintenant en compétition. Les voici:

Jolis, n'est-ce pas? On retrouve la fougère, le Koru (symbole de renaissance, croissance, force et paix), les étoiles, Matariki (constellation des Pléiades)... Je trouve ce travail autour des symboles de la Nouvelle Zélande très créatif. Le pays se redéfinit autour de son drapeau, ce qui implique une vision et une redéfinition de son identité. On semble globalement se détacher du Royaume-Uni et revenir à une identité maorie, mais pas seulement. Chaque design nous propose une vision du pays.


A la crèche les enfants ont discuté des couleurs, des symboles, et ont choisi ceux qu'ils préféraient. 

En fait il n'y en a plus que 39 car un a été retiré.

Et aujourd'hui 1er Septembre, le choix va se réduire à quatre drapeaux sélectionnés par un comité qui a pris en compte les opinions du public. Suspense suspense....

Mon préféré est Manawa:


On y retrouve le Koru et la puissance évocatrice de la mer, la couleur verte de la terre et de la mer. La Croix du Sud reprend le symbole du drapeau actuel tout en le transposant sur un ciel de nuit noire qui rappelle le rôle de guide des contellations lors des voyages maritimes. Une telle énergie se dégage de ce drapeau que j'entends la terre et la mer vibrer. Je vous rassure, il est 9h30 du matin et je n'ai bu que du café.

Suite à la sélection d'aujourd'hui, deux référendums vont avoir lieu. Tous ceux inscrits sur les listes électorales pourront voter et le vote se fera par voie postale.
Le premier aura lieu du 20 Novembre au 11 Décembre. Il faudra alors classer les quatre drapeaux par ordre de préférence.
Le second se fera du 3 au 24 Mars 2016. Il faudra choisir entre adopter le drapeau gagnant du premier tour ou conserver l'actuel.

Ah, ça y est, les résultats viennent de tomber!

Voici les quatre options restantes:


Ah... Zut, du coup je suis déçue... Mon favori n'y est pas, et il n'y a pas de vert. Un drapeau noir et blanc est un peu triste je trouve, même si le noir est la couleur de toutes les équipes sportives ici et le nom des fameux rugbymen bien sûr. La fougère semble faire l'unanimité. Pour l'instant je n'ai pas d'opinion. Mais je suis sûre que Miss I aura son avis sur le sujet quand j'irai la chercher cet après-midi! Affaire à suivre...



mercredi 26 août 2015

Petite réflexion sur les stéréotypes de genre


Voici ce qu'on trouve sur l'emballage d'une barquette de viande de porc de marque NZPork.

("Sois un homme, enfile un tablier. Essaie nos recettes faites pour les hommes sur le site soiree de repos pour maman.co.nz")

J'ai un peu tiqué en voyant cela: d'abord l'utilisation du cliché sur les femmes aux fourneaux et les hommes qui ne cuisinent pas... Et ensuite: comment ça une seule soirée de repos pour les femmes? Et puis qui va faire la vaisselle, hein? 

Un petit tour sur le site en question nous apprend que 90% des femmes font une grande partie de la cuisine et que cette marque de viande a donc décidé de créer un site de recettes pour hommes. Il y a deux versions du site, une avec le dessin d'un muscle pour les "mecs", et une avec le dessin d'une robe pour les "mamans". Tiens, on oppose les "mecs" aux "mamans", et non les hommes aux femmes ou encore les papas aux mamans. 

Du côté  hommes, les ressorts du sexe sont exploités de façon comique:
 "Give your wife a night of unforgetable pleasure! Mum's night off"
 (Donnez à votre femme une soirée de plaisir inoubliable! La soirée de repos de maman")
On peut également lire des conseils pour "rester un homme dans la cuisine", comme par exemple écraser l'ail avec sa main ou couper les légumes avec une hâche.

Du coté mamans, on compatit devant la difficulté à faire bouger les choses, et on propose même un service de dénonciation d'hommes qui ne cuisinent pas. Une fois leur adresse enregistrée,  le site leur envoie un petit email pour les aider à rectifier le tir.

Ok, j'aimerais bien croire qu'au moins cela part d'un bon sentiment, même si ce n'est que du marketing. Mais l'utilisation de telles caricatures pour dénoncer les inégalités me parait contre-productif. Elles ne font que renforcer les stéréotypes de genre dans l'inconscient collectif.

Conclusion: NZPork veulent juste vendre leur porc. Pas changer la société.

Du côté de l'éducation des enfants, voici ce que j'ai pu observer:


Les enfants sont plutôt encouragés à adopter un style vestimentaire qui renforce les différences filles-garçons. Les enfants kiwis adorent porter des costumes de super héros (les garçons) ou de princesse (les filles bien sûr) et on les voit déambuler partout habillés en Superman ou en Elsa (héroine de Frozen). Dans la rue, au jardin d'enfants, dans les supermarchés, à la plage... Partout. Même sans porter de costume, les marques de vêtements pour filles créent des robes/jupes de danseuses toutes plus jolies les unes que les autres qu'il est très difficile de résister (oui oui oui, même pour moi, et malgré le fait que Miss I ne veuille porter que des leggings ou pantalons. Tant pis, j'achète les froufrous pour Miss A qui du haut de ses 1 an n'a pas encore son mot à dire sur ce qu'elle porte).

La crèche que nous fréquentons ne semble pas avoir entendu parler de l'égalité filles-garçons et j'ai été surprise à plusieurs reprises. Par exemple une des animatrices qui fêtait son départ a offert des jouets différents aux filles et aux garçons (un livre pour les premières, un jeu de construction pour les seconds, en précisant bien à ces derniers que "papa" allait les aider à faire le montage).
Sur un panneau présentant les activités réalisées par les enfants au cours d'une journée, il était écrit, photos à l'appui: "les garçons ont coupé le bois et les filles l'ont ensuite décoré".
Et puis, pendant son spectacle,  le clown qui était venu animer la fête de Noel a demandé aux enfants: "Est-ce que les garçons aiment porter du rose? Nooonnn, bien sûr que nooooonnn. C'est pour les filles".

Hum... Il y a encore des progrès à faire...





mardi 25 août 2015

Heureux comme un enfant en Nouvelle Zélande



Au printemps (européen) 2014, lorsque nous commencions sérieusement à envisager notre installation en Nouvelle Zélande, j'entendis à plusieurs reprises que ce pays était idéal pour éléver des enfants, et que les kiwis adoraient les bambins.

A notre arrivée, je fus surprise par le nombre de parcs de jeux pour les petits. Tous les quartiers, presque toutes les rues, possèdent une aire de jeux avec au minimum des balançoires et un toboggan, mais souvent également un bac à sable, des équipements à escalader, quelquefois une tyrolienne, ou même un trampoline, un xylophone géant (yes!) ou bien une piste pour faire du vélo. Les parcs sont quasi tous équipés de toilettes gratuites et d'un endroit pour changer les bébés. Aux abords de plages on trouve des douches et des vestiaires pour se changer, ce qui peut être très pratique avec des enfants.

Les supermarchés et centres commerciaux proposent des chariots équipés de sièges pour transporter deux enfants en même temps, ainsi que des voiturettes en plastiques (équipés d'écrans dans notre supermarché local!) afin que les parents puissent faire leurs courses tranquilles. Et en passant devant l'université d'Auckland, j'ai vu qu'un espace était dédié aux étudiants avec enfants:



Les musées sont aussi pensés pour être visités avec des enfants. Quant aux restaurants et cafés, ils sont tous équipés de chaises hautes et de jouets pour que tout le monde puisse passer un bon moment:



L'école ne commençant qu'à l'âge de 5 ans, il faut bien occuper les petits. Et là le choix est immense pour les parents de toddlers (enfants entre 1 et 3 ans) et de preschoolers (entre 3 et 5 ans). Le parent qui élève ses enfants peut vite se retrouver avec un emploi du temps de ministre si il le souhaite. Les semaines sont rythmées par les activités gratuites organisées par les communautés, les séances de chant et comptines à la bibliothèque, les "playgroups" organisés par des associations de parents, et les tas d'activités payantes (danse, chant, sports, art etc...) qui existent.

On découvre de nombreuses activités dites familiales. Par exemple, des concerts philarmoniques dédiés aux familles: vous imaginez le bonheur des parents qui peuvent sortir faire des activités de "grands" sans avoir à payer de babysitter? Pour y être allée trois fois déjà je recommande chaudement! Il existe également des groupes de gymnastique ou yoga avec bébé, et même des séances de cinéma avec bébé où une lumière tamisée permet d'allaiter ou nourrir son enfant tout en regardant un film tous publics dont le niveau sonore est soigneusement controlé:

Mums & Bubs

Baby, you deserve a break!

Get the prams out because going to the movies is easier than ever! Hoyts is proud to bring you Mums and Bubs sessions. Screening at 11am every Wednesday!

And it's not just mums who are invited - any adult care-giver is welcome. The program provides a unique child-friendly cinema environment. Films are specially selected (G/PG/M), cinema lights are kept dimmed for feeding, sound levels are closely monitored. And if baby starts crying during the movie – it’s ok!

Je n'ai pas encore eu l'occasion d'essayer, mais ça viendra peut-être.

Elever ses enfants ici (voir plus bas l'article intitulé "Qui va garder les enfants?") est donc bien loin du cliché de femme au foyer (il s'agit très souvent des mères) confinée au périmètre de sa maison et son jardin. L'emploi du temps des petits (et des mamans) est bien chargé.

Pour ma part, sur les 3 journées où je suis avec mes filles, j'en garde une où on ne fait "rien de programmé". Pas d'horaire à respecter, on fait selon l'humeur ou le temps. S'il fait beau, on se retrouve généralement sur une plage ou dans un parc des alentours. Et on voit les copines, bien sûr!



On sent que les gens aiment les enfants ici. Au-delà des infrastructures et des activités présentes, les enfants recoivent beaucoup d'attention, de sourires, et de "high five" (ce geste amical qui consiste à taper la paume de la main levée de quelqu'un).  A plusieurs reprises on a voulu m'aider à calmer une petite crise de Miss I en lui offrant  une sucette, ou même un paquet de bonbons (dans une station service).  L'effet de suprise a eu raison de ses pleurs. Et la gentille offre a eu raison de ma réticence à user d'une telle arme dans la gestion de crise. Oh well...